jeudi 23 décembre 2010

Bondissant comme un fauve...

Dans Le Magnifique, Jean-Paul Belmondo incarne Bob Saint-Clare, le meilleur agent secret du monde.
Il a le visage de son créateur, François Merlin, écrivain besogneux qui tape au kilomètre les aventures de son avatar.
Quant à l'ignoble Karpof, chef des services secrets albanais dans la fiction, il dirige les éditions Charon dans la réalité... 
Et c'est l'éditeur de Merlin.
Le film est un peu déstabilisant : il commence comme une parodie (à peine) outrée des films d'espionnage à la sauce James Bond pour virer à la mise en abyme, où l'on suit en parallèle les déboires professionnels et sentimentaux du malheureux François Merlin, déboires qui rejaillissent sur les péripéties que vit Saint-Clare, pour finalement assister à un final hautement délirant.
Bébel en fait des tonnes comme agent-secret, auteur raté, pitre, folle tordue (il roule une galoche à Karpof/Charon avant de lui déclarer sa flamme et de se sauver avec lui en tandem !) tandis que le film passe à la moulinette tous les poncifs du genre (c'est plutôt S.A.S. qui est dans le collimateur) et c'est réjouissant.
J'ai donc repris la présentation de la collection des Super Crime Club des éditions Charon (on aperçoit brièvement quelques couvertures dans le film - dont Le Pigeon Maltais ^^) qui lorgne sur les collections S.A.S. de Gérard de Villiers, et caricaturé Belmondo en Bob Saint-Clare.
Le sang versé est un clin d'œil au pré-générique des James Bond, quant à la formule "gambadant comme un fauve...", elle reprend et détourne la figure de style usée jusqu'à la corde que François Merlin emploie dans chacun de ses romans : Bob Saint-Clare fait tout "comme un fauve".
Belmondo a joué dans L'Homme de Rio de Philippe de Broca, une des meilleures adaptations pirates des aventures de Tintin (avec Les Tribulations d'un Chinois en Chine, encore avec Belmondo) et Rio ne répond plus est le deuxième volet des aventures parodiques d'OSS 117 avec Jean Dujardin.
Cette couverture est une dédicace à mes deux libraires préférés, François et Thibault, dont Le Magnifique est un des films-cultes.