mercredi 27 avril 2011

Péché de Jeunesse

Gun Club/La Chasse sont la reprise de deux histoires courtes réalisées par Jean-Marc Lainé (dessins) et Alex Nikolavitch (scénario) pour le compte de Sémic (au crépuscule de l'ère héroïque des petits formats - au début des années 2000, si vous préférez...)

4 dollars européens ! C'est donné !

Le plus dangereux des Jeux.
Le premier récit rapporte la traque d'une fliquette par deux tueurs sportifs et policés. Et pour cause, il s'agit de deux cadres qui recherchent les émotions fortes en pratiquant les sports extrêmes, comme la chasse à l'homme. Le partenaire de la fliquette en a fait les frais et elle, elle court pour sauver sa peau.


Juxtaposition de cases verticales et de cases horizontales...
Gros plan sur un visage marqué par l'angoisse et la lassitude...
Monsieur Lainé serait-il influencé par Frank Miller ?

J'aurai ta peau.
La narration est efficace. Elle adopte le point de vue de la victime. Le découpage, les choix des cadrages, la voix-off, l'influence de Frank Miller se fait sentir dans cette histoire courte, pour le meilleur.


 La proie et le chasseur...
Panoramique sur la tireuse, on suit la trajectoire de la balle arrêtée par l'un des tueurs. Retour sur la jeune femme recadrée par les deux arêtes du mur, gros plan sur le pistolet fumant dont le canon dirige le regard vers la tireuse coincée, vue oblique. Gros plan sur le visage arrogant et sans trait du dernier tueur qui "bloque" l'issue par la gestion du vide de la case. Ce n'est pas un homme, c'est une machine.

Le lecteur éprouve d'emblée de l'empathie pour l'héroïne, Lainé sait caractériser ses personnages : la fliquette a un visage gracieux ou peuvent se lire aussi bien la fragilité que la détermination. Un beau personnage féminin.

Entretien avec un vampire.
La seconde histoire est à la croisée de deux genres : le polar et le récit fantastique. Elle a été réalisée pour une anthologie sur les vampires. Elle met en scène un policier mis au défi par un assassin de l'arrêter, lequel assassin est beaucoup plus vieux qu'il n'y paraît : il s'agit d'un vampire à la recherche de l'excitation que peut provoquer la confrontation avec un chasseur.
Première planche de La Chasse.
Succession de panoramiques : découverte du décor éclairé par le faisceau d'une lampe torche, effet d'attente puis apparition d'une silhouette.
Série de cadrages serrés : apparition du héros, déambulation, plan américain sur le héros et gros plan sur son interlocuteur, un clochard.
Dernière vignette, panoramique : un doigt pointé vers l'entrée du repaire du méchant.
Le décor est planté et l'action est lancée avec efficacité.


Adieu ma jolie.
Pour motiver son antagoniste, le vampire s'en prend à ce qu'il a de plus cher...

Panoramique, plan large sur le policier rentrant chez lui, recadré par la fenêtre.
Succession de cases verticales : entrée du policier, contre-champ sur la découverte macabre découpée en trois cases. Effet de travelling.

Plus noir que vous ne le pensez.
Là aussi, le récit est efficace et efficacement raconté. Il répond au premier : de proie, le personnage principal devient chasseur. Cependant, la situation dans les deux cas est sans issue. Les personnages réagissent à une situation plus qu'ils n'agissent. Au final, ils se retrouvent tous les deux piégés.

Un crime dans la tête.
Jean-Marc Lainé nous gratifie de quelques illustrations porteuses d'ambiance...

C'est arrivé près de chez vous.
Une abondance de détails qui n'est pas sans rappeler Geoff Darrow.


Ombre et lumière. Entre Eisner et Tarantino.

Conclusion.
Si vous ne pouvez pas l'acheter, volez-le.