vendredi 29 avril 2011

Et maintenant, voici un message à caractère informatif :


Dans le cadre des Contre-Plongées de l'été 2011, la saison culturelle estivale de Clermont-Ferrand, un partenariat avec les 48h du Polar a été concrétisé par la programmation de plusieurs évènements, notamment une lecture publique des nouvelles envoyées pour le concours de l'Orchidée pourpre. Cette lecture sera prise en charge par deux comédiens, et aura lieu le 19 Juillet à 18h30, place du Mazet à Clermont-Ferrand.

L'Homme Sans Visage. La Mort qui rampait sur les toits.

Résumé : Séraphin Beauminon, le détective, et Paul de Borrego sont chez Martine, la fiancée de ce dernier. L'Homme Sans Visage les espionne par le truchement de micros. 

Séraphin découvre le dernier micro que l'Homme Sans Visage a laissé chez Martine. Les trois compères s'isolent et Paul révèle que son oncle Maxime l'a cherché de retrouver un navire templier coulé dans un haut-fond. Il leur apprend que, bien avant Colomb, les Templiers avaient découvert l'existence du continent américain et en ramenaient de l'or. Il a retrouvé une clé conçue dans un alliage inconnu qui ressemble à de l'or. Séraphin décide de piéger l'Homme Sans Visage en lui faisant croire que Martine connaît le secret qu'il recherche, espérant l'attirer dans une souricière montée avec l'aide de la police.

La nuit même, la Femme, compagne de l'Homme Sans Visage, se glisse dans l'appartement de Martine pour l'enlever. Mais elle découvre que Séraphin l'a remplacée. Elle s'enfuit. La police finit par l'arrêter après une traque sur les toits ainsi que deux de ses complices, le Sacristain et la Futaille, faux infirmiers qui devaient emporter Martine droguée. Cette victoire aura coûté la vie à deux inspecteurs et à une civile innocente. Et elle est de courte durée : un commando de motards mené par l'Homme Sans Visage libère immédiatement les prisonniers. La Futaille a perdu ses gants dans l'opération. Devenant identifiable à cause de ses empreintes, l'Homme Sans Visage décide de le faire taire en le transformant en robot humain.

Paul reçoit la visite du professeur Petrie, un Anglais qui menait des recherches sur les Templiers avec le concours de son oncle Maxime. Paul décide d'utiliser la réputation du professeur Petrie pour appâter l'Homme Sans Visage : il fait annoncer la vente aux enchères des collections de son oncle à l'Hôtel Drouot, parmi lesquels des faux authentifiés par le professeur Petrie qui révèleraient la cachette du trésor des Templiers.

 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
Le repère high-tech de l'Homme Sans Visage.
(Notez les machines à écrire dernier cri.)
On pense aux décors clinquants des méchants bondiens designés par Ken Adam...
Avec un budget moindre.

Un épisode qui baigne dans une étrange poésie où se mêlent le grotesque et le macabre (la vision de la main ensanglantée d'une victime de la Femme, tuée l'espace d'une ellipse, est particulièrement saisissante.) Franju apporte un grand soin aux scènes nocturnes se déroulant sur les toits de Paris, filmées dans une ambiance bleutée et irréelle qui évoque son Judex. On note une constante visuelle : lorsque l'Homme Sans Visage apparaît à a tête de son commando de motards, il porte une combinaison intégrale noire mais la couleur rouge de son casque le distingue de ses hommes. Les péripéties s'enchaînent : la souricière échoue (pourtant, le commissaire Sorbier reste en place après ce sanglant fiasco !) mais Paul tend déjà un nouveau piège tandis que l'Homme Sans Visage se montre impitoyable avec ses serviteurs défaillants... Nous sommes en plein roman-feuilleton, l'accumulation des rebondissements compensant leur invraisemblance. Le nom du Professeur Petrie est probablement une référence à l'un des adversaires du Dr Fu Manchu, savant fou inventé par Sax Rohmer, vedette de romans populaires et de serials dont les auteurs revendiquent la filiation.

On découvre un Paris différent d'aujourd'hui où subsistent terrains vagues et modestes maisons avec échoppes de petits commerces et où l'on entend résonner le cri des enfants qui jouent. Martine, la styliste, quant à elle, vit dans un quartier du centre, en cours de gentrification. On y entend le bruit des marteaux-piqueurs. Un Paris qui change. 
Cette opposition se retrouve avec le troquet pittoresque, Au Clairon de Sidi Brahim, qui sert de paravent aux activités de l'Homme Sans Visage, et son repaire sous-terrain, rutilant et moderne. Le bar est toujours désert à l'exception du patron taciturne et de deux hommes de main tapant le carton, les murs sont défraîchis, on y entend une musique de fond évoquant le bal musette, mais les éléments du décor dissimulent des trappes et le percolateur cache un tuyau dans lequel circulent les pneumatiques. Le centre de contrôle de l'Homme Sans Visage est équipé de téléphones, d'écrans de télévision, d'ordinateurs... Les murs, les meubles et les sols sont blancs et froids. Une ambiance minérale et high-tech digne d'un moderne Fantômas.

Gérard Croce (La Futaille) est un habitué des seconds rôles au cinéma.

jeudi 28 avril 2011

Petit Bleu contre Homme Noir

Dans Le Petit Bleu de la Côte Ouest (Manchette/Tardi), Bastien, le tueur, lit aussi des bandes dessinées en petit format...
© Tardi/Les Humanoïdes Associés.
 Quelques gouttes de sueur perlent au front de Bastien,
trahissant son intense concentration.
L'amateur éclairé aura reconnu Spiderman, une revue éditée par SEPFI (groupe Chapelle ?) puis par les Éditions de l'Occident, qui présente la série anglaise The Spider ( 34 numéros de Juin 1968 à décembre 1972.)
© SEPFI
Pour des raisons de droits, le personnage sera rebaptisé Blackman lors d'une seconde parution aux éditions Domino ( trois numéros de mars à mai 1980).

© Éditions Domino

Spiderman/Blackman est une sorte de Fantômas repenti qui met ses talents et sa science au service de la lutte contre le crime. Néanmoins, aux yeux de la Justice, il reste un criminel recherché. Il faut dire que la sincérité de son repentir n'est pas éclatant.

En 4e de couverture, figure une promotion pour une autre revue, Main d'Acier (48 numéros de juin 1968 à avril 1975.) Parue initialement dans la revue L’Épatant, sous le titre La Griffe d'acier, cette bande anglaise (The Steel Claw) met en scène un scientifique pourvu d'une prothèse métallique qui lui donne la capacité de se rendre momentanément invisible lorsqu'elle reçoit un choc électrique.  La police le considère d'abord comme un criminel et le recherche activement.

© SEPFI
On le voit, Bastien, influencé par ses mauvaises lectures vit dans son monde, peut-être même l'ont-elles poussées sur la pente glissante du vice, et c'est tout naturellement qu'il convoque un de ces personnages de fiction lorsqu'il fait ses adieux à son partenaire et compagnon, immolé dans l'incendie d'une station service...

© Tardi/Les Humanoïdes Associés
Une céréminie qu'honore Blackman de sa présence.
Dans Strange, Spiderman paraissait sous le titre "L'Araignée".

On ne réalise pas à quel point l'effet des comics et des petits formats peut être pernicieux pour les âmes simples. Merci MM Tardi et Manchette... Attention toutefois, car l'un des tueurs, Carlo, probablement, lit (lisait) aussi des romans de science-fiction... Décidément, il faut se méfier de toute littérature de gare.

Jeu : Dans sa BD, Jacques Tardi rend discrètement hommage à l'auteur du roman noir qu'il adapte. Saurez-vous retrouver comment ?

© Tardi/Les Humanoïdes Associés

(Manchette, du prêt-à-porter ? Et pourquoi pas du prêt-à-lire tant qu'on y est !?)

Note : J.-P. Manchette est aussi le traducteur de Chandler, Marée rouge, de James Steranko - collection Autodafé, aux Humanoïdes Associés -de Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons aux éditions Zenda. Grâce lui soit donc rendue car il n'a point démérité.

mercredi 27 avril 2011

Péché de Jeunesse

Gun Club/La Chasse sont la reprise de deux histoires courtes réalisées par Jean-Marc Lainé (dessins) et Alex Nikolavitch (scénario) pour le compte de Sémic (au crépuscule de l'ère héroïque des petits formats - au début des années 2000, si vous préférez...)

4 dollars européens ! C'est donné !

Le plus dangereux des Jeux.
Le premier récit rapporte la traque d'une fliquette par deux tueurs sportifs et policés. Et pour cause, il s'agit de deux cadres qui recherchent les émotions fortes en pratiquant les sports extrêmes, comme la chasse à l'homme. Le partenaire de la fliquette en a fait les frais et elle, elle court pour sauver sa peau.


Juxtaposition de cases verticales et de cases horizontales...
Gros plan sur un visage marqué par l'angoisse et la lassitude...
Monsieur Lainé serait-il influencé par Frank Miller ?

J'aurai ta peau.
La narration est efficace. Elle adopte le point de vue de la victime. Le découpage, les choix des cadrages, la voix-off, l'influence de Frank Miller se fait sentir dans cette histoire courte, pour le meilleur.


 La proie et le chasseur...
Panoramique sur la tireuse, on suit la trajectoire de la balle arrêtée par l'un des tueurs. Retour sur la jeune femme recadrée par les deux arêtes du mur, gros plan sur le pistolet fumant dont le canon dirige le regard vers la tireuse coincée, vue oblique. Gros plan sur le visage arrogant et sans trait du dernier tueur qui "bloque" l'issue par la gestion du vide de la case. Ce n'est pas un homme, c'est une machine.

Le lecteur éprouve d'emblée de l'empathie pour l'héroïne, Lainé sait caractériser ses personnages : la fliquette a un visage gracieux ou peuvent se lire aussi bien la fragilité que la détermination. Un beau personnage féminin.

Entretien avec un vampire.
La seconde histoire est à la croisée de deux genres : le polar et le récit fantastique. Elle a été réalisée pour une anthologie sur les vampires. Elle met en scène un policier mis au défi par un assassin de l'arrêter, lequel assassin est beaucoup plus vieux qu'il n'y paraît : il s'agit d'un vampire à la recherche de l'excitation que peut provoquer la confrontation avec un chasseur.
Première planche de La Chasse.
Succession de panoramiques : découverte du décor éclairé par le faisceau d'une lampe torche, effet d'attente puis apparition d'une silhouette.
Série de cadrages serrés : apparition du héros, déambulation, plan américain sur le héros et gros plan sur son interlocuteur, un clochard.
Dernière vignette, panoramique : un doigt pointé vers l'entrée du repaire du méchant.
Le décor est planté et l'action est lancée avec efficacité.


Adieu ma jolie.
Pour motiver son antagoniste, le vampire s'en prend à ce qu'il a de plus cher...

Panoramique, plan large sur le policier rentrant chez lui, recadré par la fenêtre.
Succession de cases verticales : entrée du policier, contre-champ sur la découverte macabre découpée en trois cases. Effet de travelling.

Plus noir que vous ne le pensez.
Là aussi, le récit est efficace et efficacement raconté. Il répond au premier : de proie, le personnage principal devient chasseur. Cependant, la situation dans les deux cas est sans issue. Les personnages réagissent à une situation plus qu'ils n'agissent. Au final, ils se retrouvent tous les deux piégés.

Un crime dans la tête.
Jean-Marc Lainé nous gratifie de quelques illustrations porteuses d'ambiance...

C'est arrivé près de chez vous.
Une abondance de détails qui n'est pas sans rappeler Geoff Darrow.


Ombre et lumière. Entre Eisner et Tarantino.

Conclusion.
Si vous ne pouvez pas l'acheter, volez-le.

dimanche 24 avril 2011

Vous voulez de mes nouvelles ?

Comme je l'avais dit quelques messages plus haut, je suis tout content d'avoir remporté le concours de nouvelles policières du 1er festival du polar de Clermont-Ferrand.  Aussi, avec l'aimable autorisation des organisateurs, je dévoile la chose. (ça ne changera pas la face de la littérature, mais ça flatte terriblement mon petit égo.) ^^


Ricochets

Lundi. 7 heures.
Comme d'habitude, ce matin-là, il marchait vers sa voiture, sans se presser, sa mallette à la main. Une lumière rasante filtrait à travers les nuages gris. La rue s'animait mollement. D'un doigt, il élargit le col rigide de sa chemise, trop serré par sa cravate. Son pas régulier l'amena à proximité de son véhicule, garé là, comme d'habitude. Il s'arrêta, et posa sa mallette. Il sortit son téléphone portable de la poche intérieure de sa veste et composa prestement le numéro de son domicile. Il ne réagit pas quand retentit la détonation qui assourdit tout le quartier. Puis, indifférent à l'agitation provoquée par le vacarme, il sortit son trousseau, introduisit la clé dans la serrure, l'actionna, ouvrit la portière, ramassa sa mallette (il ne fallait pas l'oublier), s'engouffra prestement dans l'habitacle, referma et, sans se détourner, mis le contact.

Ce même lundi, trois quart d'heure plus tôt.
Elle l'entendit entrer. Comme d'habitude, depuis six mois, chaque matin entre six heures et six heures et quart, il passait prendre une chemise propre, repassée par l'aide-ménagère. Six mois qu'il découchait et résidait à l'hôtel, deux rues plus loin. Six mois qu'elle le trompait, ouvertement maintenant, chaque nuit. Elle prenait soin à ce que son amant soit parti quand il arrivait. Cela ne posait pas de problème, José (il s'appelait José, son amant), était matinal. Jean (il s'appelait Jean, son mari) passait dans le couloir, sa mallette à la main, sans un regard vers la cuisine où elle était assise, buvant son café, en fumant. Il détestait cette manie qu'elle avait de fumer à l'intérieur de l'appartement. Surtout à table. Mais elle n'en avait cure. Aujourd'hui, elle avait choisi de le provoquer. Elle savait qu'il sentait son regard appuyé sur lui quand il passait dans le couloir, devant la cuisine, comme d'habitude depuis six mois. Elle savait qu'il devinait son sourire ironique. Il continuait cependant à faire comme si.
Il était dans la chambre, devant la penderie, face à la glace, essayant de garder une contenance en faisant son nœud de cravate, toujours trop serré, et ce col, trop rigide... Il se figea lorsqu'il la vit se refléter dans le miroir, un sourire éclatant, des perles blanches dans un écrin grenat... Et son regard, la lueur ironique de ses yeux bruns clairs... Il se retourna. Elle s'approcha de lui, le toisa. Derrière elle, le lit, les draps encore défaits. Toujours ce sourire... insupportable ! Il sentait son sang bouillir. Il sentait ses mains se crisper. Il sentait la cravate dans ses mains...

Ce même lundi, quatre heures plus tôt.
José était un besogneux. Mais c'était pour la bonne cause. Il savait comment provoquer la montée du plaisir chez Mylène. Mylène, c'était son nom à elle. Il la travaillait, longtemps, en douceur, progressivement, puis plus intense, crescendo... Il ne la décevait jamais, pas depuis ces six derniers mois où toutes les nuits leur appartenaient... Il fallait juste libérer la place au petit matin, avant l'arrivée de l'autre, Jean, c'était le nom du cocu. Il venait chercher une chemise propre avant de se rendre au bureau. Il ne voulait pas que ça se sache, alors il faisait comme si. José s'en foutait. José était un matinal. Dans son jeune temps, il avait eu intérêt à l'être, pour lever le camp avant qu'on vienne le chercher. José avait connu une jeunesse agitée dans son Pays Basque natal.
Mylène se cambrait, respirait fort, lui griffait le dos emportée par son plaisir et poussait un cri silencieux. Puis son corps retombait. José se mettait alors sur le côté tandis qu'elle allumait une cigarette. (Cette manie qu'elle avait de fumer au lit, déjà que dans la cuisine...)
« - Tu l'as fait ?
Silence.
- Tu l'as fait ? 
Elle insistait. José se taisait.
- Tu l'as fait, oui ou merde ?!
- Je l'ai fait, oui, merde. »

Il reprit : «  Et c'est une connerie. On te soupçonnera, on NOUS soupçonnera !
- T 'as la trouille, hein ? Personne ne fera le lien entre toi et moi, personne ne sait qu'on se fréquente : ici les voisins se mêlent de leurs affaires et la concierge, c'est un digicode. Tu sais dans quoi Jean travaille ? Dans son métier, on se fait des ennemis, de sérieux ennemis. Un client qu'il aura mal conseillé... Les flics n'auront qu'à secouer le premier réverbère pour voir tomber les coupables possibles. »
Silence.
« - Je ne sais pas monsieur l'inspecteur, il était très secret, il ne me disait jamais rien sur ses affaires... Oh mon dieu, quand je pense que j'aurais pu...
- Ça va ! Ça va ! N'en rajoute pas. Demain... Enfin, ce matin, tes soucis seront envolés. Éparpillés, même.
- Cinq ans que je vis avec ce pourri, que je le supporte !... Trop orgueilleux pour divorcer, jusqu'à me laisser avoir des amants sous son propre toit ! Six mois qu'il découche, qu'il dort à l'hôtel, en attendant que je me lasse, que je revienne... Mais je ne reviendrai pas ! Tu sais qu'il a une grosse assurance-vie ? Une chère, avec le métier qu'il fait... On attend que ça se tasse et, à nous le pactole. Je vais voyager. On voyageait jamais avec lui. Ça te tente, Monaco, la Suisse, la Grèce, l'Espagne ?
- Non. Pas l'Espagne... »

Huit heures plus tôt, dimanche.
Mylène avait posté une lettre pour l'étranger. Pour l'Espagne. Elle indiquait au destinataire les coordonnées exactes de son amant. Pour les voyages, mieux vaut seule que mal accompagnée.

Ce lundi, un quart d'heure plus tôt.
Les mains de Mylène se figèrent et retombèrent mollement. Jean avait serré sa cravate très fort autour de son cou. La colère et la tension retombaient. A peine un tremblement, un frisson. Le cou de Mylène marquait un drôle d'angle. Sa langue dépassait. Une grosse limace violette entre ses lèvres grenat. Jean se passa la cravate autour du cou, machinalement, à peine gêné par son col trop rigide. Quoi faire ? L'aide-ménagère ne débarquait pas avant neuf heures. Il avisa le téléphone antique dans le couloir. Une pièce de collection dont il s'était entichée. Il trouvait que ça apportait un cachet à l'appartement. Il dénuda les fils, traîna le corps à proximité puis ouvrit le gaz dans la cuisine avant de sortir prestement. Sans oublier sa précieuse mallette. Il laissait dix bonnes minutes au gaz pour se répandre.

Dépêche AFP.
Lundi 15 novembre 2010.
DEUX EXPLOSIONS COUP SUR COUP DANS LE VIIIe ARRONDISSEMENT DE PARIS.
Ce matin, aux alentours de sept heures, une explosion a dévasté l'appartement de Maître L., avocat d'affaires dans un important cabinet parisien, tuant sur le coup son épouse et, par miracle, ne blessant que légèrement deux septuagénaires, ses voisins immédiats. Maître L., lui même, a été tué cent mètres plus loin dans l'explosion presque simultanée de sa voiture. Aucune autre victime n'est à déplorer. La police penche pour un règlement de compte.



Le petit blues de la côte ouest

Le Petit Bleu de la Côte Ouest est un roman de Jean-Patrick Manchette (Gallimard, Série noire, 1975) adapté par Jacques Tardi aux Humanoïdes Associés en 2005.

Le récit porte sur la fuite en avant d'un jeune cadre dynamique, Georges Gerfaut, témoin involontaire d'un règlement de compte, qui se trouve poursuivi par deux tueurs est qui disparaît plusieurs mois dans la nature. Personnage déboussolé à l'image de la société française dans les premiers mois du premier choc pétrolier.

L'un des tueurs, Bastien est un lecteur de BD populaires. (Ayant lu le roman il y a plus d'une vingtaine d'années, je n'ai plus en mémoire le texte original.)

© Tardi/Les Humanoïdes Associés
Si on reconnaît bien l'un de nos illustrés préférés, en revanche, certains détails chiffonnent... Pour commencer, la couverture, qui semble s'inspirer de celle-là :

© Sémic/Marvel

L’œil sagace du lecteur aura pointé la date de l'ouvrage, 5 février 1980... Nous sommes donc dans la décennie suivante ! (Et après le 2e choc pétrolier, celui de 1979, consécutif à la guerre Iran-Irak, lorsque Sadam Hussein était NOTRE ami, et celui des Américains, mais je m'égare...) Par ailleurs, on reconnaît derrière Bastien les figures des héros et vilains du journal : Docteur Octopus, l'Homme-Sable, l'Araignée, Iron Man, Thor, Daredevil... Tous des personnages Marvel. Pas de trace de Captain Marvel dont les aventures étaient effectivement publiées par les éditions Lug dans Strange en 1975, l'année de parution du roman, alors que Thor (dont les aventures sont alors publiées chez Arédit) n'apparaissait que sporadiquement dans la revue. En outre, l'Homme-Sable porte une tenue qu'il adoptera dans le Strange 119 (5 novembre 1979), c'est à dire 5 ans après l'action du Petit Bleu...

Mais quand se déroule exactement l'action du Petit Bleu... ?

© Tardi/Les Humanoïdes Associés
Lorsque Gerfaut se retrouve errant dans la nature sauvage, il lui revient le souvenir d'un western qu'il a vu l'automne précédent (nous sommes le 2 juillet) mais dont il ne se rappelle pas le titre. Il s'agit de celui-ci :

© ...
Or, le film est sorti en 1971... 
Donc, nous serions en 1972 ?

"Le Petit Bleu... nous parlait... du temps d'alors, de la crise profonde d'un homme, reflet de celle du monde qui l'entourait..." nous dit la préface de François Guérif...
Or, en 1972, nous sommes en l'an 3 du septennat pompidolien et la crise ne se fait sentir qu'en 1973 avec le choc pétrolier. Certes, à partir de 1971, le dollar flotte, c'est la fin du système de Bretton-Woods et le début de l'instabilité des monnaies (le fameux "serpent monétaire"), et dès la fin des années 60, le plein-emploi est remis en cause - "sans qu'il y ait des raisons de s'alarmer" assurait alors un jeune secrétaire d’État plein d'avenir du nom de Jacques Chirac - mais les gens ne s'en rendent pas compte. Tandis que lorsqu'ils font la queue à la pompe pour payer leur essence trois à quatre fois plus cher, là, ils constatent que l'époque des Trente Glorieuses (© Jean Fourastié) est terminée.

Donc, l'action se déroule-t-elle en 1972 ? 
En 1975 (an 2 du septennat giscardien)
Ou en 1980 (moins 1 avant François Mitterrand) ?

La vérité est, qu'alors que tout le monde pense que Le Petit Bleu de la Côte Ouest est un de ces "romans noirs témoins de son temps" (dixit J.-P. Manchette), il s'agit en fait... d'une uchronie !

(Le Petit Bleu... a été adapté à l'écran sous le titre Trois hommes à abattre, avec Alain Delon dans le rôle de Michel (!) Gerfaut - un film dans lequel, d'ailleurs, L'Homme du Picardie se fait sauvagement plomber... Delon jouant un héros... de gauche ! Là, on est carrément dans le registre du fantastique.)

samedi 23 avril 2011

Les Aventuriers de poche

Allez, deux fausses couv' pour le prix d'une.
La première, anecdotiques, revient sur le parodique SOS 117, imaginé ici par Laurent Lefeuvre, histoire, de placer deux jeux de mots... vermotiques !
La seconde est un hommage à Henri Vernes, créateur de Bob Morane, "le aventurier" comme dirait le groupe Indochine.
Un essai de colorisation informatique à partir d'un dessin crayonné.
Précisions : les pockets Marabout présentaient les traductions des romans Doc Savage de Kenneth Robeson (nom d'emprunt pour un collectif d'auteurs-maison comme en parle l'excellent Manticore ici)
La Marabunta est une référence à un film d'aventures, Quand la Marabunta gronde (Byron Haskin, 1954), dans lequel un groupe de planteurs brésiliens affrontaient une colonie de fourmis dévorant tout sur son passage.

vendredi 22 avril 2011

L'Homme Sans Visage - Les tueurs sans âmes.

L'Homme Sans Visage ne parvient pas à faire parler Maxime de Borrego qui meurt sous la torture, non sans avoir évoqué une mystérieuse "lèpre rouge". Avec la complicité d'Albert, il se fait passer pour le neveu de sa victime, Paul, afin de s'introduire à son domicile et de fouiller ses archives... Mais il est confondu par le retour inopiné de Paul et échappe de justesse à la police. Albert, lui, est arrêté.
Quelque part, dans les catacombes, les Templiers jurent de venger la mort de leur sénéchal, Maxime de Borrego.

  © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Un cobaye du professeur Durieux.

Entretemps, le docteur Durieux est parvenu à transformer ses cobayes en zombies dociles. L'Homme Sans Visage saisit l'occasion pour les tester : il les programme pour assassiner Albert en plein commissariat. Les deux robots humains abattent leur cible sans aucun état d'âme. Paul, renvoyé chez lui, échappe de peu à un enlèvement : il est emmené à bord du taxi-robot mis au point par Bernard Trévoux, mais la présence de la police oblige l'Homme Sans Visage à relâcher sa proie. Le taxi est détruit. Paul se rend alors chez Martine, son amie et se confie à elle. Leur conversation est interrompue par l'arrivée de l'Homme Sans Visage qui, sous une identité d'emprunt, prétend s'intéresser aux travaux de styliste de Martine. Il profite d'un instant d'inattention pour semer des micros dans l'appartement puis prend congé. Mais l'arrivée d'un nouveau personnage déjoue ses plans : Séraphin Beauminon, détective et "dernier des poètes parnassiens" (ce qui ne l'empêche pas de citer Baudelaire), appelé par Martine. Par inadvertance, il noie l'un des micros dissimulé dans un vase.

  © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Le Chapitre des Templiers jure de venger la mort d'un de ses membres.

Le récit prend corps : le héros (Paul de Borrego) entre en scène, ainsi que sa fiancée (Martine) et son faire-valoir (Séraphin.) Ne nous leurrons pas, leur introduction tardive montre que le véritable héros est bien le méchant, l'Homme Sans Visage. Celui-ci a désormais un but (trouver le Trésor), des moyens (hommes de mains, robots-humains, voitures-robots) et des antagonistes (Paul, Sorbier mais aussi, les Templiers.)

On retrouve l'ambiance des romans-feuilletons avec passages secrets, voitures piégées, sociétés secrètes, malédictions et un goût affirmé pour la mascarade et les fausses identités.
 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Léopold de Baklava. Sous les traits du grand bourgeois mécène et philanthrope se cache un redoutable assassin.

L'Homme Sans Visage et ses acolytes masqués ne dépareilleraient pas dans une galerie de super-vilains.  Il dispose d'ailleurs d'une arme particulière : une lame rétractable, dissimulée dans son poignet, qu'il peut éjecter en tendant le bras. Champreux a révélé qu'il s'était inspiré de... Spider-Man. Voilà qui explique la cagoule rouge et les angles dessinés autour des yeux de l'Homme Sans Visage. Il n'en a rien dit à Franju qui n'aimait pas la bande-dessinée.

Séraphin Beauminon est incarné par Patrick Préjean : détective fauché, poète et gaffeur, il tranche avec ses homologues américains "durs à cuir". On est très loin de Mannix mais assez proche d'Alfred Cocantin, le détective fantasque joué par Jacques Jouanneau dans le Judex de... Franju. Le jeu de Préjean, très expansif, peut agacer certains, mais il compense le "sérieux" appuyé (voire le non-jeu) des autres protagonistes. En fait, Beauminon est de loin le personnage le plus sympathique que l'on ait rencontré jusqu'alors dans ce feuilleton. On vu Patrick Préjean dans de nombreux films au cinéma et à la télévision : il est, entre-autres, le coq - le cuisinier - de Bernard Fresson/Joe Gaillard dans la série homonyme, Zouroc, le comparse de Mario David dans le James Bond français A vous de jouer, Milord et l'inspecteur Vacherin, au côté de Roger Carel dans La Nouvelle Malle des Indes... Il a également joué dans de nombreuses pièces de théâtre et prêté sa voix au doublage de films et séries télévisées.

Les Parnassiens sont un cercle de poètes (hélas, disparus) qui privilégient la beauté de la forme sur le fond. On peut citer Léon Dierx ou José Maria de Hérédia (lequel a écrit un très beau sonnet sur le Samouraï).

jeudi 21 avril 2011

L'Homme Sans Visage. Le masque de plomb.

Sur une route de campagne, une équipe de faux gendarmes intercepte un fourgon remplit de travailleurs clandestins. Passagers et conducteurs sont gazés et emmené dans le repaire de l'Homme Sans Visage. Ils serviront de cobaye au docteur Dutreuil et fourniront au criminel une armée d'esclaves obéissants.
La Futaille et le Sacristain, deux truands recrutés par Mlle Ermance dans l'épisode précédent, reçoivent l'ordre de ramener Bernard Trévoux, un mécanicien. Celui-ci est froidement exécuté par l'Homme Sans Visage. La Futaille et le Sacristain sont ensuite chargés de déposer le corps dans un coffrage sur un chantier. Les deux hommes sont photographiés en pleine action par leur employeur qui tient ainsi à s'assurer de leur loyauté.

 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 L'Homme Sans Visage, véritable Fregoli du Crime, se métamorphose devant son miroir.
 La fiancée de Bernard se rend à la police pour signaler son enlèvement. Elle révèle au commissaire Sorbier que Bernard travaillait sur un prototype de voiture radio-commandée pour le compte d'un mystérieux homme masqué d'une cagoule rouge.

L'inspecteur Péclet se rend sur le chantier de la Cité du Bonheur, chez le dernier employeur connu de Bernard Trévoux. Il est éconduit par le promoteur Léopold de Baklava, une des nombreuses fausses identités de l'Homme Sans Visage. Péclet ignore qu'il passe à deux pas du corps de Trévoux tandis qu'on remplit de béton le coffrage dans lequel la Futaille et le Sacristain l'ont jeté.
Albert, le domestique endetté de Maxime de Borrego, un historien réputé, se rend à l'officine de Mlle Ermance afin d'y vendre une information : il affirme que son maître connaît la cachette du trésor des Templiers. L'Homme Sans Visage décide de s'en emparer quitte à torturer de Borrego pour le faire parler. Toutefois, de Borrego semble avoir d'autres secrets.

 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Maxime de Borrego dissimule un étrange masque de plomb derrière un faux tableau.

L'intrigue continue de se mettre en place : Durieux fabrique des robots humains, l'Homme Sans Visage a fait mettre au point une voiture radio-commandée, il tient la Futaille et le Sacristain par le chantage, il convoite le fantastique trésor des templiers...

Le récit intègre des éléments de la réalité quotidienne des années 70 : la frénésie de construction anime encore le pays tandis que les premiers effets du choc pétrolier se font sentir (on achève alors de créer les villes nouvelles comme Sénart ou Étang-de-Berre, on inaugure la Tour Montparnasse en 1973... Le discours de Baklava, faux philanthrope, rappelle celui du Corbusier, vrai architecte de la Cité Radieuse à Marseille, achevée en 1952.) Les travailleurs clandestins évoquent une réalité économique moins glorieuse - la politique de contrôle des flux migratoires est mise en place en 1974, l'année de production du feuilleton. Il est notable que les clandestins soient Portugais, leur pays n'a alors pas encore rejoint la Communauté Économique Européenne (il faudra attendre encore 12 ans.)

mercredi 20 avril 2011

L'Homme sans visage. La Nuit du Voleur de Cerveaux.

Produit en 1974, réalisé par Georges Franju sur un scénario de Jacques Champreux (le petit fils de Louis Feuillade), ce feuilleton raconte les méfaits d'un criminel émule de Fantômas.
Au départ, c'est d'ailleurs les aventures du célèbre criminel que les auteurs voulaient adapter à l'écran : une version "sérieuse", très éloignée de la version d'André Hunebelle avec Louis de Funès et Jean Marais. Mais les exigences des aillant droits de Souvestre et Allain se sont avérées si élevées que les auteurs ont été contraints d'inventer leur propre personnage.
Champreux prête son physique au diabolique personnage.

 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Champreux sous la cagoule rouge de l'Homme Sans Visage.

1er épisode : La Nuit du Voleur de Cerveaux.
La découverte de cadavres trépanés au fond d'un canal émeut l'opinion publique. Le commissaire Sorbier (Gert Froebe) traque celui que la presse a baptisé "le voleur de cerveaux". Entretemps, sous le couvert d'une innocente officine de mercerie, la tenancière, une vieille dame appelée Mademoiselle Ermance, recrute des truands pour le compte d'un homme mystérieux qui contrôle la pègre parisienne. Véritable transformiste, Mademoiselle Ermance n'est que l'une de ses identités. Il a identifié le Voleur de Cerveaux : il s'agit d'un médecin dément, le docteur Dutreuil (Clément Harari) officiellement décédé en Amérique Latine, qui poursuit des recherches afin de transformer  des cobayes humains en zombie obéissants. L'Homme Sans Visage charge sa complice, "la Femme" (Gale Hunnicutt), de répondre à une petite annonce du docteur afin de le piéger et de l'enlever pour l'obliger à travailler pour lui. Cependant, la police est sur les trace du Voleur de Cerveaux. Un fragment de végétal relevé sur l'une des victimes provient d'une essence d'arbres très rares en région parisienne. Un hélicoptère de la police survole alors la banlieue afin de repérer une propriété avec l'un de ces arbres. La villa est repérée tandis que le docteur, l'Homme sans Visage et ses complices s'enfuient. Le criminel met à la disposition de Dutreuil un laboratoire afin qu'il achève ses travaux. Il lui fournira désormais le matériel et des cobayes, des travailleurs clandestins que ses hommes enlèveront.

 © Terra films (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
 Le docteur Dutreuil (Clément Harari) et son mécène.

L'action se met en place. Certaines naïvetés du scénario peuvent faire sourire (la recherche d'arbres en hélicoptère ressemble à celles d'aiguilles dans une meule de foin) cependant il y a suffisamment d'éléments insolites (cadavres trépanés, organisation criminelle secrète, chef mystérieux, savant fou...) pour retenir l'attention des amateurs de récits policiers imprégnés de fantastique.

Gert Froebe est un acteur allemand surtout connu pour avoir incarné Goldfinger à l'écran dans le 3e James Bond officiel. Il a également joué dans Le Diabolique Docteur Mabuse de Fritz Lang, un autre génie du crime.(Mabuse, pas Fritz Lang !)
Jacques Champreux est le petit-fils de Louis Feuillade qui réalisa une adaptation muette de Fantômas et la première version de Judex. Il est également le scénariste de l'excellent feuilleton Les Compagnons de Baal, réalisé par Pierre Prévert.
Georges Franju est un réalisateur français à qui l'on doit quelques classiques du cinéma fantastique français comme Les Yeux sans Visage (avec Pierre Brasseur) ou Judex (2e version.)
Le Sacristain, un truand recruté par Mademoiselle Ermance, est incarné par Jean Saudray, un acteur au visage marquant habitué des seconds rôles à la télévision (Chéri Bibi) comme au cinéma (Les Malheurs d'Alfred.)

Jean Saudray dans Alexandre le Bienheureux, avec Ph. Noiret.

mardi 19 avril 2011

Troll de drame !

Les 48h du polar sont terminées. Beau plateau d'invités et ambiance très agréable.
L'équipe des organisateurs est très sympathique et très dynamique. Elle s'est mise en quatre pour que cette première manifestation soit marquante.
En ce qui me concerne, je remercie tous les participants et le jury qui m'a fait l'honneur de me désigner lauréat pour le concours de la nouvelle policière.


Youpi !

lundi 11 avril 2011

Plein soleil


En fait, c'est Raymond Chandler qui a écrit Le Grand Sommeil.
Dashiell Hammett est bien, en revanche, l'auteur de Moisson Rouge, polar fondateur du hard boiled (littéralement, le genre "dur à cuir") qui inspira Akira Kurosawa pour Yojimbo (Le Garde du Corps).
Le réalisateur nippon transposa le récit dans le Japon des samouraïs.  
Sergio Leone en fit à son tour un western spaghetti intitulé... Pour une poignée de dollars avec Clint Eastwood.

Tora Tora Tora

vendredi 8 avril 2011

Alimentaire, mon cher Watson.

Mauvais scan pour cette parodie du Chien des Baskerville.
Je devrais refaire la couv', mais je manque de temps.

dimanche 3 avril 2011

Fukushima 2


La bataille d'Iwo Jima (16 février-25 mars 1945) opposa les marines américains aux forces du Japon Impérial pendant la Guerre du Pacifique
Elle fit 6 821 morts et 15 000 blessés environ dans le camp américain et près de 22 000 victimes dans le camp japonais.
Dès le débarquement de leur troupes, le 23 février, après un tir de barrage intensif qui dura plusieurs jours, les Américains plantèrent leur drapeau sur l'île, signe de leur détermination à remporter la bataille. Il fallu le replanter une deuxième fois (le premier drapeau signalant la prise de la colline Suribashi, une position stratégique, était trop petit). 
Le fait d'arme fut immortalisé par le photographe Joe Rosenthal et le cliché fut repris, reproduit par les services de la propagande, et remporta le prix Pulitzer.
Il servit de modèle au sculpteur Felix de Weldon pour la sculpture du mémorial dédié aux marines tués au combat, près du cimetière militaire d'Arlington, Virginie.


La bataille de Fukushima a débuté le 10 mars 2011. On ne sait pas combien de temps elle durera ni combien de victimes elle fera...