mercredi 29 juin 2011

Le retour de la revanche de la colorisation informatique pour les Nuls®

Gotcha !


Naguère, donc pas très loin du temps jadis, je vous narrais mes déconvenues pour la colorisation de la 2e planche de Tom Strong © DC Comics-AOL-Time-Warner (le dernier est prié de fermer la porte)... En effet, en sélectionnant sur Photoshop ® mon calque couleur et en utilisant les commandes filtre/pixellisation/pointillisme, j'obtenais un résultat dégueulasse avec plein de points noirs. Je n'arrivais pas à obtenir l'effet recherché (la matière granuleuse à la façon des pages de comic books).
J'ai trouvé d'où vient le problème !
Il faut que le dessin soit en mode couleurs RVB et non CMJN. (commande image/mode/couleurs RVB).
Donc, enregistrement du calque couleurs sur un nouveau document Photoshop ®, passage en mode RVB puis pixellisation, enregistrement et ouverture du précédent document Photoshop ® et transfert sur le nouveau document des calques textes et noir (en passant ce dernier en mode produit), donc, pour chaque calque, utiliser les commandes dupliquer le calque et choisir le nouveau document Photoshop ®.

Ouf !
Il ne reste plus qu'à jouer de la balance des couleurs (commande Réglage/Balance des couleurs) pour obtenir une "patine" jaune.
L'excellent Artemus Dada explique ici ce qu'est le Nididé.
(Où je m'aperçois que j'ai mal orthographié le nom de la chose...)

lundi 27 juin 2011

Exposition science et science-fiction à La Vilette. (10)

Suite de l'exposition dans sa partie consacrée aux robots.
On reconnaît Maria de Métropolis (Fritz Lang - 1927), le Terminator (série T-800) de James Cameron (série B -1984) et un robot jouet rapidement croqué.
J'avais un petit coup de pompe et j'ai bâclé la pauvre Maria (surtout les pieds.)

LE SAVIEZ-VOUS ?
Le mot "robot" aurait été forgé par Josef Capek, le frère de l'écrivain tchèque Karel Capek, et employé pour la première fois dans la pièce d'icelui R.U.R. (Rossum's Universal Robots), créée en 1921 à Prague.
Le terme robot dérive du mot "travail" en langue slave.
Prague est également la ville du Golem, le géant d'argile animé par les signes cabalistiques gravés sur son front pour protéger la communauté juive.

dimanche 26 juin 2011

That's all, Falk.

Or donc, Peter Falk nous a quitté.
Ce coup-ci, Columbo ne coincera pas l'assassin...
On a donc rappelé que cet acteur, qui avait connu une immense popularité grâce au petit écran, avait aussi fait du cinéma avec des cinéastes de renom comme John Cassavetes... ou Blake Edwards.

The Great Race © Warner Bross - 1965

Ainsi, dans l'hilarant La Grande Course autour du Monde, on le voit assister Jack Lemon (le Professor Fate - Fatalitas, en français ... !?) contre Tony Curtis. Le duo conduit des engins improbables mis au point par le diabolique docteur pour remporter la course contre son rival... 

The Great Race © Warner Bross - 1965

Leurs tentatives de tricherie débouchant sur des échecs cuisants systématiques.

Ce duo semble avoir inspiré deux autres Fous du Volant...

Satanas et Diabolo © Hanna et Barbera - 1968

En effet, on retrouve les caractéristiques du tandem : un moustachu mélodramatique, arrogant et mégalomane, qui est le chef, et un comparse ricanant et benêt.  Leur voiture est même équipée d'essieux téléscopiques.
On revoit les deux compères dans un autre dessin animé d'Hanna et Barbera, l'Escadrille infernale...


© Hanna et Barbera - 1969
Ici, par contre, le modèle de Satanas serait plutôt l'abominable  Sir Percy de Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, joué par Terry Thomas.

Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines 
© 20th Century Fox

Un aristocrate britannique aussi fourbe que snob flanqué lui-aussi d'un complice servile.
Un duo ayant les mêmes caractéristiques que celui formé par Fate/Lemon et Max/Falk.

Puis, Peter Falk trouve la gloire avec le personnage du lieutenant Columbo, créé à la télévision en 1968 sur NBC et devenu une série régulière à partir de 1971...
Columbo © ABC
"Bon sang, mais c'est bien sûr !..."

Et c'est alors que l'on voit apparaître...

Mumbly © Hanna et Barbera - 1976
L'inspecteur Mumbly... Diabolo, mais en bleu, et du bon côté de la loi. 
Mumbly est particulièrement collant. 
Où que le suspect se cache, il le retrouve voire le précède.
Les créateurs de Mumbly se sont inspiré manifestement d'un épisode du Droopy de Tex Avery dans lequel le héros fait partie de la police montée canadienne et parvient à retrouver son homme même dans les plus impensables repaires. 
Mais pas seulement.
Un inspecteur qui ne paie pas de mine et qui se déplace dans une voiture rendue à l'état d'épave roulante et qui est revêtu en permanence d'un vieil imper, ça rappelle aussi quelque chose !
Mumbly serait donc bien, aussi, une parodie de Columbo...
Le dessin animé est alors diffusé sur la chaîne ABC tandis que Columbo passe sur NBC (avant d'être repris, plus tard, par ABC).

Cependant, comme on n'est jamais mieux servi  que par soi-même, Peter Falk s'autoparodie dans la comédie Un cadavre au dessert de Robert Moore.

 
Murder by death © Columbia pictures 1976

Ainsi donc, même si la popularité de Peter Falk est assise sur une série télévisée de très grande qualité, il fut aussi un grand acteur de cinéma mais également, indirectement, un (deux) fabuleux personnage(s) de cartoon. !

"Voilà, j'espère qu'elle t'a plu mon histoire."
The Princess Bride © 20th Century Fox - 1987


samedi 25 juin 2011

La colorisation informatique fait de la résistance. © le Splendid

© DC Comics 2011.
Tom Strong est transporté dans un univers où se télescopent différents éléments de la Pop Culture des 40 dernières années... Suite de l'histoire imaginée par Artemus Dada et illustrée par votre serviteur.
L'amateur averti reconnaîtra donc de la gauche vers la droite (© Eric Besson) et de haut en bas...
Tom Strong (bien sûr), le vaisseau Phénix de La Bataille des Planètes (Gatchaman), le Camp de la Lune Noire de Goldorak (U.F.O. Robot Grendizer), le Millénium Condor de Valérian (^^), un Céleste de la série Eternals de Jack Kirby (© Marvel/Disney), un soldat de Véga (Goldorak), le Haut-Seigneur et l'un de ses sbires de la série Le Surfeur d'Argent (d'après les dessins de Big John Buscema), entre les deux, le Supermatou de J.-C. Poirier (© Éditions Vaillant), un fou volant de la série Omnopolis de Jean-Marc Lainé et Geyser, la silhouette de Batman (de DC/AOL-Time-Warner) et un fulguro-poing qui doit encore appartenir à Goldorak.

Allez savoir pourquoi, mais lorsque j'ai voulu réutiliser la même méthode pour obtenir la pixellisation en mode pointilliste, j'ai obtenu un résultat affreux !... Plein de points noirs !? Pourquoi ? (*)
J'ignore de le savoir. © Les Inconnus.
J'ai donc rapatrié mon calque couleurs sur Photostudio et j'ai sélectionné le mode Effets/grains de film.
Après quoi, j'ai rapatrié de nouveau le calque sur Photoshop ® et j'ai trituré le réglage de l'image (balance des couleurs, saturation, etc.) pour essayer de me rapprocher du modèle "vintage" de la première planche.
Résultat, j'ai obtenu un effet "pixellisation" moins marqué...
Zutre !Raymond Queneau.)
(*) Une crise d’acné juvénile ?

Pour être raccord, j'ai modifié la première planche.



© DC Comics 2011

On retrouve un effet granuleux et jaunâtre façon comic book vintage mais moins prononcé.
Difficile de retrouver les mêmes teintes que la planche 2. Ce sont les aléas de la colorisation chez les débutants.
Reste à dessiner la dernière planche, maintenant.

vendredi 24 juin 2011

Il est mort, Gene.

Gene Colan vient de nous quitter à l'âge de 84 ans.



© genecolan.blogspot.com
Ceux qui, comme moi, on découvert la revue Strange dans les années 70 se souviennent certainement de son travail sur Daredevil. (J'en parle ici.)
Ce qui frappait dans ses planches, c'était l'usage du clair obscur allié au mouvement et à un art consommé du cadrage et du raccourci qui donnaient énormément de dynamisme à ses dessins.
(Ces crayonnés très fouillés représentaient un casse-tête pour les encreurs.)
Son style très personnel pouvait surprendre (parfois, ses personnages semblaient même désarticulés) mais il faisait merveille dans les récits de super-héros urbains.
Lorsqu'il représentait des personnages en vol (comme le Docteur Strange, par exemple), il leur conférait une élégance, voire une grâce, certaine.)
Gene Colan a tâté de tous les genres : récits de guerre (chez Warren Publishing, notamment, on peut voir des planches exécutées au lavis dans le magnifique album qu'a consacré l'éditeur Akileos à la revue Blazing combat), récits policiers, auquel son style se prêtait idéalement, super-héros, passage "obligé" pour les dessinateurs de comics (il a animé Dardevil, Iron Man, Captain America, Doctor Strange, Howard the Duck, Avengers, Killraven chez Marvel, Batman, Jemm, son of Saturn chez DC... liste non-exhaustive) et surtout le récit fantastique avec Tomb of Dracula chez Marvel - une série qui paraissait en France dans les fascicules Arédit avant de bénéficier d'une publication en couleurs dans les albums Artima ; c'est d'ailleurs dans les pages de ce comics qu'apparut pour la première fois Blade, le chasseur de vampires - et Night Force chez DC.)
Gene Colan excellait dans le rendu des atmosphères gothiques.
Difficile de retracer en quelques lignes la carrière très longue de cet immense artiste qui fut un des piliers du des comics dès le Silver Age  ("l'Âge d'Argent", en gros, les années 50 à 70).
Il laisse derrière lui une œuvre conséquente et de magnifiques planches.
(Il suffit de taper son nom sur Google et de cliquer sur image pour en avoir un aperçu.)

jeudi 23 juin 2011

La colorisation informatique pour les nuls.


© DC Comics 2011


© DC Comics 2011
Le lecteur averti aura reconnu Tom Strong, le personnage imaginé par Alan Moore et dessiné par Chris Sprouse pour la ligne ABC (America's best comics) chez DC comics.
Il médite devant le Nididées, une invention de Geo Trouvetou (Giro Gearloose) de Walt Disney.
Nous sommes donc dans un univers woldnewtonien.(*)
Les plus observateurs auront noté dans la première vignette la présence d'une armure empruntée à James Steranko dans une histoire de Nick Fury, Agent of the Shield intitulée Dark Moon rises, Hell Hound kills que j'avais chroniquée ici !


Le siège à tête de mort est inspiré de celui du Fantôme du Bengale.
Un signe maçonnique (**) orne l'une des étagères ainsi qu'une tête d'Hydargos
On pourra aussi remarquer que la mappemonde n'est pas une mappemonde contemporaine puisqu'elle mentionne la Pangée, le continent unique (Pangée = "toute la Terre") qui aurait existé avant la fragmentation et la dérive des continents.
Dans l'une de ses aventures, Tom Strong arpente ce continent.

Il y a quelques années (sic), Artemus Dada  (que le monde entier nous envie et qu'on refuse de lui laisser) m'avait proposé un petit scénario que je devais dessiner. 
Il mettait en scène un personnage qu'il apprécie beaucoup, Tom Strong.
A l'époque, je ne savais pas faire de couleurs par informatique (ni de la colorisation traditionnelle, d'ailleurs).
La bande dessinée est restée inachevée. (Deux planches sur trois.)
Entretemps, je me suis fait la main sur les fausses couvertures qui alimentent ce blog.
J'ai donc repris la première planche et je l'ai mise en couleurs.

Pour cela, j'ai utilisé Photoshop ® et j'ai d'abord fait une colorisation basique sur un calque (onglet calque/dupliquer le calque puis sélection du mode produit) ainsi que Jean-Marc Lainé (que le monde entier devrait aussi nous envier s'il faisait preuve de goût) me l'avait expliqué.
J'avais donc un calque "noir" avec mon dessin et un calque "couleurs" sur lequel j'appliquais mes couleurs.
Après, j'ai effacé le texte (sur les calques "noir" et "couleurs") et je l'ai réécrit (police Komika Jam).
J'ai ensuite rendu les calques "noir" et textes invisibles et n'ai conservé que le calque "couleurs"
Enfin, j'ai sélectionné l'onglet Filtre/pixellisation/pointillisme afin d'obtenir cet effet propre aux comics "vintage".
Il ne restait plus qu'à jouer un peu sur la balance des couleurs (onglet Image/réglage/balance des couleurs) en augmentant la valeur de jaune pour obtenir cette "patine".


(*) Philip José Farmer, l'écrivain de science-fiction, a imaginé une origine commune à tous les héros de fiction moderne, liée au village de Wold-Newton. La chute d'un météorite radioactif à la fin du XVIIIe siècle y aurait affecté des personnes se trouvant à proximité. Elles auraient eu une descendance fabuleuse à l'origine des exploits romancés des héros modernes. On retrouve dans cette idée, d'une part, le postulat que les exploits des personnages de fiction auraient un fondement "véridique" et, d'autre part, celui que ces héros (créés par des auteurs différents à des époques différentes) partageraient le même univers.
(**) Les Francs-Maçons et leur influence dans la bonne société britannique semblent beaucoup intéresser Alan Moore (Ils apparaissent dans The League of Extraordinary Gentlement et From Hell notamment.)

mardi 21 juin 2011

Exposition science et science-fiction à La Vilette. (9)


Suite de l'exposition avec les robots.
C3PO (ou Z6PO, si, comme moi, vous êtes de la génération Goldorak) est en bonne place, accompagné de R2D2, Robocop, Twiki (de la série TV Buck Rogers au 25e siècle), l'Homme Bicentenaire, I Robot, de l'incontournable Robby de Planète Interdite etc.
Robbix, le robot de l'exposition est un automate interactif qui s'exprime en plusieurs langues... pour tenir le même discours un peu lassant à la longue.
Plus loin se trouvent des costumes de différents films (l'Âge de Cristal, Starship Troopers et le 5e élément - certes pas le meilleur film de SF du monde mais qui réussit au moins à être un agréable divertissement.)
Luc Besson, notre George Lucas à nous disait, : "la différence entre (George) Lucas et moi, c'est... 
(le goitre ? non.)
C'est que moi, j'ai payé Mézières."
On note que la tenue des policiers de l'univers du 5e élément comporte des inscriptions en terrien et en extra-terrestre. Comme ça, les aliens savent qui leur cogne dessus.

lundi 20 juin 2011

Là où ça fait mal...

Dessin proposé à Phil Cordier pour son magazine sur Spidey en préparation...
(tous les détails ici)
Et poliment refusé par celui-ci (le magazine devant paraître en noir et blanc, les nuances de gris pourraient desservir le dessin) nonobstant le pied mal placé de Spidey...

Pas découragé, j'ai proposé un nouveau dessin.

Détail.

samedi 18 juin 2011

Poulpe Fiction.

Jean-Marc Lainé, brillant scénariste que le monde entier nous envie, mais qui nous le laisse, vient de sortir chez Soleil le 2e tome de Grands Anciens (Le Dieu-Poulpe), un récit qui mixe habilement Lovecraft, Mary Shelley et Herman Melville ( Dessins de Bojan Vukic.) 
En bon woldnewtonien Philip José Farmer), Lainé fait s'entrechoquer mythologie profane, monstres légendaires et références classiques  dans un récit à grand spectacle : les chasseurs de baleines du Pecod affrontent le Kraken, un combat inégal contre un monstre divin... Mais l'un d'eux n'est pas humain, revenu d'entre-les morts, il frappe la gigantesque créature comme la foudre de Zeus !

Climax !

© MC Productions / Lainé/ Vukic - Soleil (Toulon) 2011

Un détail, toutefois retient mon attention...

© MC Productions / Lainé/ Vukic - Soleil (Toulon) 2011

Cette silhouette qui se découpe dans un ciel déchiré par la foudre en évoque une autre...

© Frank Miller / DC Comics 2011

Oui... La silhouette du Batman dans le Dark Knight Returns de Frank Miller.
Frank Miller auquel Jean-Marc Lainé a consacré un brillant essai paru aux Moutons électriques.

© Lainé / Les Moutons électriques 2011

Ouvrage dont il sera question dans l'émission Mauvais Genres sur France Culture le samedi 2 juillet !
Soyez à l'écoute !

mardi 14 juin 2011

L'Homme Sans Visage. Le rapt.

Paul de Borrego est interrogé par le juge qui le soupçonne d'être, sinon l'Homme Sans Visage, du moins son complice. Il doit être transféré en prison. Mais le fourgon est intercepté et immobilisé par deux faux motards de la police. Pendant l'arrêt, le plancher du fourgon est éventré et Paul est enlevé. Il est retenu dans une bâtisse isolée tandis que la police le recherche. L'Homme Sans Visage à l'intention de commettre ses crimes en laissant des indices qui accusent Paul. Le salut se présente sous la forme d'un jeune monte-en-l'air, "Moule-à-Singe" qui "visite" les maisons isolées. Paul le charge d'un message pour Séraphin et Martine. Ceux-ci trompent alors la vigilance de la police et s'enfuient par les toits.

Pendant ce temps, l'Homme Sans Visage progresse dans sa quête du fabuleux trésor des Templiers. Il met à jour une galerie menant à une salle souterraine secrète mais le couloir est obstrué. Un message d'avertissement met en garde contre la Lèpre Rouge.

Séraphin libère Paul grâce à un subterfuge. Séparés de Martine, les deux hommes se cachent chez un receleur, Pogne-en-Jonc, recommandé par Moule-à-Singe. Or, le Sacristain s'est également réfugié chez Pogne-en-Jonc. Il croit reconnaître en Paul celui qui a commandité son assassinat et tente de le tuer. Le Sacristain, réalisant que Paul n'est pas l'Homme Sans Visage, retourne alors sa veste et leur propose une alliance contre le mystérieux criminel. Celui-ci fait diffuser dans la pègre un avis de recherche contre Paul. Pogne-en-Jonc trahit Paul. Le Sacristain le surprend au téléphone et l'étrangle. Paul et Séraphin acceptent mal d'être les complices d'un meurtre mais le temps presse car l'Homme Sans Visage assiège la maison à la tête d'un commando.

 © Terra Film (Paris) et S.O.A.T. (Milan)
L'Homme Sans Visage, un Fantômas moderne.

L'épisode démarre par un long tunnel de dialogues au terme duquel le Juge s'adresse directement au téléspectateur en citant Conan Doyle ("that is the problem"). Le rapt de Paul est extravagant. Les motards incitent les conducteurs du convoi à stationner sur une fosse, préparée à l'avance en rase-campagne, et à partir de laquelle un complice découpe au chalumeau le plancher du fourgon. le bruit est masqué par la pétarade des motos des faux policiers ! (Une péripétie qui n'est pas sans rappeler l'évasion d'Alain Delon au début du Clan des Siciliens.) Les rebondissements s'enchaînent avec plus ou moins de crédibilité. Les personnages se retrouvent et se préparent au final. "Moule-à-Singe" et "Pogne-en Jonc" sont des surnoms de truands qui fleurent bon le roman populaire duquel se réclament les auteurs.

lundi 13 juin 2011

L'homme au masque de cire.

© DC Comics - Sagédition 1980 
(Batman poche n°25)

Une case mémorable s'il en est : l'ouverture de cet épisode de Batman par Marshall Rogers (encrage de Dick Giordano).
La case circulaire reprend le cliffhanger de l'épisode précédent (on appelle ainsi une situation périlleuse dans laquelle se trouve le héros en fin d'épisode, ici, Batman est à terre, menacé par le nouveau Face d'Argile) est elle est dominée par la silhouette du héros encapé : pas d'erreur, il s'agit bien d'une aventure dont Batman est le héros.
Cette splash-page (c'est une case qui occupe la totalité de la planche) alliait à mes yeux un élément suranné (Batman, ringard avec sa cape par rapport aux héros Marvel comme Spiderman ou Daredevil) et la mise en page dynamique et novatrice.
L'histoire aussi est mémorable car elle introduit un nouveau vilain, Preston Payne, le second Face d'Argile.

© DC Comics - Sagédition 1980
(Où l'on constate que Tête d'Oeuf © Marvel fait des extras chez le diabolique concurrent - Si, là, au centre !)

Preston Payne souffre d'une difformité physique qui le met au ban de la société (on songe au cas de John Merrick, dit "Elephant Man".) Les différents spécialistes qu'il rencontre sont impuissants à trouver un remède. Il décide alors de contacter le premier Face d'Argile, un vilain capable de modeler son visage à volonté, lequel accepte de lui donner un échantillon de son sang. Grâce à cet échantillon, Preston met au point un sérum qui lui permet de se modeler un corps parfait. Hélas ! L'effet ne dure pas. Preston se liquéfie et il est habité d'une fièvre qui le dévore, à moins qu'il ne la communique à quelqu'un d'autre. Son contact devient alors mortel car il transforme sa victime en un amas organique informe.

© DC Comics - Sagédition 1980 
Dans l'édition française, le visage de Preston Payne est masqué par un cache noir que de temps à autre le retoucheur oublie de mettre (pour des plans éloignés).
Ce dramatique récit est narré par Preston lui-même à sa compagne...

© DC Comics - Sagédition 1980 
Qui s'avère être un mannequin  de cire !

De son côté, Batman broie du noir (et du voyou par la même occasion). En effet, sa compagne, Silver, s'est détournée de lui à cause de son activité de justicier nocturne. Batman passe même ses nerfs sur les voyous qu'il attrape et les conséquences seraient funestes sans l'opportune intervention de la police.

© DC Comics - Sagédition 1980 
La case centrale constitue une mise en abyme dans la mesure où elle reproduit toute une planche à l'échelle d'une case. 
Les différents plans sur Batman et les policiers soulignent la dilatation du temps à ce moment-là. A la fois interminable (multiplication de plan fixes) et bref (l'hésitation ne dure que l'espace d'une vignette avant que le justicier, revenu à la raison, n'abandonne ses proies à la police.)
Le récit met donc en parallèle les parcours croisés (*) du justicier esseulé, abandonné, qui n'a plus que sa fonction à laquelle se raccrocher pour trouver un sens à son existence, et du damné, qui, lui, a trouvé son équilibre, dans la folie, mais cherche désespérément à échapper à sa condition.

(*) Une formulation qui se discute sur le plan strict de la géométrie, j'en conviens.

Sollicité par Gordon qui vient de découvrir les restes d'une victime de Face d'Argile, le justicier va traquer le criminel jusqu'à l'ultime confrontation.

© DC Comics - Sagédition 1980 
 On observe dans la première et la cinquième vignettes le tramage maladroit du retoucheur qui cherche à dissimiler l'emplacement originel des bulles de la version américaine.
Comme l'encombrement du texte français est habituellement plus important que celui du texte anglais, on peut légitimement supposer que les coupes dans le texte original ont été drastiques !

Laquelle confrontation se déroule dans le musée de cire désaffecté où s'est réfugié Face d'Argile. 
Au cours de l'affrontement, une bougie met le feu aux rideaux et le bâtiment entier s'enflamme. 
Face d'Argile échappe alors à ses gardiens et se précipite dans le brasier dans l'espoir de sauver sa compagne de cire.
Une fin mélodramatique digne du Fantôme de l'Opéra ou de l'Homme au Masque de Cire.

 © DC Comics - Panini comics - 2005


Alan Moore imagine une suite au récit de Len Wein. 
Face d'Argile a survécu à l'incendie mais il n'a pu sauver Hélène.
Il la retrouve dans un grand magasin où il s'installe.
Très vite, le doute s'insinue en lui lorsqu'elle est déplacée du rayon robes du soir au rayon lingerie.
Ses soupçons le conduisent à éliminer un veilleur de nuit qu'il prend pour un rival.
Hélène est devenue une femme volage.
Lorsqu'on retrouve les restes du veilleur de nuit, Batman est alerté et revient affronter Face d'Argile.


© DC Comics - Panini - 2005
Lors du combat, Batman réalise l'état de confusion mentale dans lequel se trouve son adversaire.
Celui-ci est persuadé qu'Hélène se joue de ses sentiments.
Batman obtient qu'il soit interné à Arkham , l'asile psychiatrique de la ville de Gotham, en compagnie du mannequin, espérant que ce sera meilleur pour son équilibre.

© DC Comics - Panini Comics - 2005
Il n'en est rien. Désormais le lien est rompu au sein du couple et Face d'Argile envisage même de se débarrasser de son encombrante moitié... 

Moore complète le récit de Len Wein en apportant une conclusion cynique et désabusée à la relation entre Face d'Argile et Hélène. Une rupture de ton radicale par rapport à l'histoire initiale : après l'élan amoureux et romantique du premier volet vient le moment de la désillusion puis de la rancœur.

dimanche 12 juin 2011

Exposition science et science-fiction à La Vilette. (8)

Suite de l'expo avec un costume de Necromonger, un méchant des Chroniques de Riddick (2004).
Riddick est un personnage apparu dans le film Pitch Black (2000), incarné par Vin Diesel.
Criminel en fuite, il devient un conquérant au terme des Chroniques. Un film esthétiquement très réussi.
Il apparaît aussi dans un court-métrage animé, Dark Fury.
Huit costumes du film sont exposés. Hélas ! Je n'ai pas le temps de les croquer tous.
A côté, on entend l'intro tonitruante de la bande originale du premier Star Trek qui passe en boucle.
Sont exposés la maquette de l'Enterprise (modèle Next Generation) et les uniformes de Star Fleet (pour les amateurs de chemises en licra et de galons en papier alu.)
Au bout de dix minutes, la musique devient exaspérante ! 
Je fuis.
Plus loin, une pièce consacrée aux pulps (les romans populaires bons marchés des années 20 à 50), avec de superbes couvertures, aux romanciers de SF et à quelques jouets.
J'en profite pour poster une couverture dégotée par Jérôme Wicky du forum super-pouvoir.
© The Fantasy Library
Un homme chauve-souris contre un robot ? Mais où vont-ils chercher tout ça ?

Je croque rapidement une maquette de space pin-up et me sauve.
A signaler une pièce réservée à Dune, le roman de Frank Herbert (1966), avec des dessins signés O. Vatine pour l'habillage du jeu de rôle inspiré de cet univers.
Oubliez le mauvais film (oui, mauvais !) de David Lynch et lisez le roman (au moins le premier) : Herbert y dépeint une société entièrement basée sur la consommation d'une substance (l'épice) qui rend possible le voyage dans l'espace.
Comme l'épice ne peut être produite que sur une seule planète, Dune, le contrôle de celle-ci devient un enjeu pour la domination de l'empire galactique.
Rejeter la technologie pour voyager en consommant des substances...  Furieusement seventies comme concept !
Olivier Vatine est le dessinateur de l'album Stan Pulsar (une parodie de space opera intitulée l'As des Astreset publiée dans Fluide Glacial) et des premiers (et meilleurs) Aquablue.
Aquablue (1988) de Th. Cailleteau  (scénario) et Olivier Vatine (dessins) narre, sur une lointaine planète, la lutte d'extra-terrestres à peau bleue contre un conglomérat militaro-industriel capitaliste venu les exproprier.
Les primitifs affrontent des armées ultra-modernes équipées d'armures de combat.
Heureusement, quelques  idéalistes, savants et écologistes leur prêtent main forte...
 Cameron, pourquoi tu tousses ?

mercredi 8 juin 2011

Exposition science et science-fiction à La Vilette. (7)

A côté du Viper, grandeur nature, les autres maquettes sont plus modestes.
Il y avait, entre-autres, la maquette de la navette de secours du vaisseau Nostromo dans Alien, le chef-d’œuvre de Ridley Scott (1979)  ainsi qu'un croiseur impérial triangulaire de L'Empire contre-attaque (pas reproduit, trop peu de temps et trop de détails) et un Aigle (Eagle) de la série des années 70, Cosmos 1999. Autant je détestais les vedettes (Martin Landau, sévère, et Barbara Bain, glacée) sauf le professeur Bergman (Barry Morse, paternel), autant j'aimais les lignes de ces vaisseaux post-2001 et pré-Star Wars. 
2001, l'Odyssée de l'Espace n'était pas oubliée car il y avait des maquettes des vaisseaux du film de Kubrick (hélas, pas de combinaison spatiale) et aussi l'impressionnant Rodger Young, le vaisseau amiral du Starship Troopers de Paul Verhoeven (1998)

LE SAVIEZ-VOUS ?
En 1895, le visionnaire russe Konstantin Tsiolkovski imagine de construire une tour de 36 000 km depuis la Terre pour accéder à l'espace. 
Pourquoi 36 000 km ? 
Parce qu'à cette altitude, les objets échappent à l'attraction terrestre et une simple poussée permet leur mise en orbite. 
En 1960, Youri Arsutanov imagine le concept d'ascenseur spatial en remplaçant la tour par un câble très résistant reliant la terre à une station en orbite géostationnaire (c'est-à-dire, gravitant autour de la Terre à la vitesse de sa rotation...) 
Mais le projet est abandonné jusqu'à l'invention des nanotubes de carbone. 
En 1979, Arthur C. Clarke, l'auteur de 2001, l'Odyssée de l'Espace, popularise l'idée à travers son roman Les Fontaines du Paradis. 
Aujourd'hui, les entreprises liées à l'aérospatiale rivalisent pour mettre au point cet ascenseur pour les étoiles dont l'utilisation diviserait par 1000 voire 10 000 le coût d'expédition d'un objet dans l'espace.

samedi 4 juin 2011

Ni fleurs, ni couronnes...


Des Fleurs pour Algernon est roman de Science-Fiction de Daniel Keyes (1966) adapté à l'écran sous le titre Charly en 1968. 
Algernon est une souris qui reçoit un traitement destiné à développer son intelligence. L'expérience porte ses fruits et on décide de tester le sérum sur un handicapé mental, Charlie Gordon, lequel devient supérieurement intelligent avant de se mettre à régresser inéluctablement. Le roman se double d'un constat pessimiste sur le développement l'espèce humaine.
Pas d'orchidées pour Miss Blandish est un roman noir de James Hadley Chase (1961) contant les mésaventures d'une pauvre riche héritière enlevée par un gang de voyous puis ravie à ceux-ci par une bande de dégénérés encore pire. (Ce qui s'appelle tomber de Charybde en Scylla...)
Pas de Printemps pour Marnie est un film d'Alfred Hitchcock avec !Tippi! Hedren (la maman de Melanie Griffith - vue dans Body Double) et Sean Connery.
Le Cabinet du Docteur Caligari est un film expressionniste allemand de Robert Wiene (1919) avec l'acteur Conrad Veidt qui fut le modèle du Joker de Batman (pour son interprétation de L'Homme qui rit d'après Victor Hugo - de l'Académie française, Monsieur !) et d'Ozymandias dans Watchmen, d'Alan Moore (de Northampton, Monsieur !) et Dave Gibbons.
(J'ai donc donné une petite touche expressionniste au dessin par des lignes brisées, des ombres portées et des effets de flou)
Quant aux mauvais livres, ils vont au pilon...