mardi 25 septembre 2012

Presse syndicale


Mon premier dessin paru dans la presse syndicale.
(L'EP 433, circulaire du SNETAA).
Que d'émotion !





mercredi 12 septembre 2012

Illustration : Le Halaguen

Inspiré d'une nouvelle de Jean-Pierre Fontana, qui donna naissance à une épopée inachevée.
Crayon + couleurs informatiques.

dimanche 2 septembre 2012

Article sur les super-héros.

En vue d'une présentation à un public non initié.

Les super-héros sont partout. Les progrès du numérique ont rendu possible l'adaptation de leurs exploits sur grand écran et le développement d'internet a permis de mettre en contact les nombreux fans à travers le monde. On les retrouve sur différents supports (livres, jeux vidéos, télévision...) et figurent, merchandising oblige, sur nombre de produits de consommation dont le (fournitures scolaires.) En ce début de siècle, ils semblent avoir pris le relai des héros d'hier, suscitant l'engouement du public et l'interrogation des médias. Encore faut-il être en mesure de s'entendre sur ce qu'on appelle « super-héros ».

1- Qu'est-ce qu'un super-héros ?

Le mieux, c'est de partir sur le premier et le plus emblématique : Superman.
Quelles sont ses caractéristiques ?
- Un costume voyant qui le distingue du commun des mortels.
- Un nom de guerre (ou de code).
- Des super-pouvoirs.

1°) Le super-héros naît dans les comic books : l'aspect visuel est capital, le super-héros possède donc des caractéristiques physiques qui l'identifient : un costume ou un masque, un aspect physique particulier (souvent athlétique), parfois un logo.

2°) Le super-héros possède une double identité : héroïque (publique)/civile (secrète).
Dans le cas de Superman, c'est plutôt l'identité de Clark Kent qui est le déguisement : Superman est Clark Kent, un extra-terrestre qui se fait passer pour un Terrien, tout comme Batman est Bruce Wayne - leur identité civile n'est qu'un déguisement pour le héros : dans les récits de l'Âge d'or (de la fin des années 30 au milieu des années 50), le héros a un rôle purement fonctionnel dans le récit. Avec l'émergence de Marvel (1961, nous sommes dans l'Âge d'argent – du milieu des années 50 au début des années 70), on change de point de vue et on s'intéresse aussi à la vie privée du super-héros : Peter Parker est Spider-Man.

3°) Le super-héros possède des facultés exceptionnelles (et spectaculaires) : Superman soulève une voiture sur la couverture d'Action Comics n°1. En outre, Superman est plus rapide qu'une balle de révolver, il est plus puissant qu'une locomotive et il est capable de sauter par dessus un building. C'est un surhomme adapté aux contraintes du monde moderne et il vit en ville : Métropolis pour Superman (Jerry Siegel et Joe Shuster, les créateurs de Superman, sont originaires de Cleveland), Gotham pour Batman, New-York pour Spider-Man. Il est plus sympathiques que les modèles de surhommes engendrées par les idéologies politiques du début du siècle... (fascisme, nazisme, stakhanovisme...)

4°) Le super-héros est un justicier. Superman défend le faible contre l'oppresseur, criminel ou capitaliste. Le super-héros naît dans une société démocratique, il est donc plutôt du côté de l'ordre et de la loi même s'il n'est pas nécessairement reconnu comme un allié par la police (C'est un « vigilante »). Avec Captain America, il acquiert une dimension patriotique.

5°) Superman est le premier des super-héros - tous les autres super-héros sont des variations à partir de ce modèle :
- Batman a un costume et un nom de code mais, s'il possède des facultés exceptionnelles, il n'a pas de super-pouvoirs.
- Captain Marvel a un costume, un nom de code, des super-pouvoirs et mais c'est un enfant transfiguré en adulte.
- Wonder Woman a un costume, un nom de code et des super-pouvoirs mais c'est une femme.
- Les Quatre Fantastiques ont des super-pouvoirs, des noms de code, mais leur identité est connue du monde entier, et ils portent un costume uniforme. C'est une famille recomposée.
Etc.
2- Le super-héros naît d'un brassage culturel.

Jerry Siegel confie qu'il a imaginé Superman en pensant aux exploits des demi-dieux et héros de la mythologie grecque. Il s'est aussi inspiré de la Bible (Superman est un enfant trouvé comme Moïse). Captain Marvel de C.C. Beck et Bill Parker possède les qualités de héros mythologiques ou bibliques. Le Surfer d'Argent et Adam Warlock sont des figures christiques. Thor, quant à lui, est un emprunt à la mythologie nordique.
Les auteurs sont également influencés par les récits de science-fiction et les romans pulps (Tarzan, Zorro, Gladiator, The Shadow et Doc Savage - l'asile d'Arkham dans Batman est une référence à l'œuvre de Lovecraft) mais aussi par le cinéma, le serial notamment. Ainsi, Hulk est inspiré du Monstre de Frankenstein (mais aussi du loup-garou et de Mister Hyde.) Adam Warlock est inspiré d'Elrik de Melniboné.

Les créateurs de comic books sont des immigrants ou des fils d'immigrants. Ils ont appris l'anglais dans les pages des strips des journaux et nourrissent leurs créations de leur culture, de leurs expériences et de leurs aspiration : Superman est un immigrant parfaitement intégré. On lui inventera une jeunesse rurale imprégnée des valeurs de l'Amérique authentique à Smallville puis il partira pour la grande ville (Métropolis) où il exercera un emploi tertiaire (journaliste). Il incarne le rêve américain. Lorsque Joe Simon et Jack Kirby imaginent Captain America, il est à l'image de l'Américain qu'ils voudraient être (un WASP blond aux yeux bleus.) De nombreux créateurs de comics sont des Juifs qui n'ont pas accès aux métiers de la presse et on voit dans le super-héros la figure du Golem qui protégeait les Juifs de Prague. (cf. Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay de M. Chabon.)

3- Le super-héros crée un genre.

Le super-héros crée un genre particulier d'aventures :

- Il accomplit des exploits extraordinaires et il a besoin d'antagonistes à sa hauteur. Au départ, Superman affronte des criminels et des savants-fous « ordinaires » or, ce qui fait un bon récit, c'est un bon méchant : le super-vilain qui est un super-héros négatif. (Le terme « vilain » fait référence au théâtre.) Il possède lui aussi une « identité visuelle » comme les méchants de serial et il est l'opposé moral du héros. Ainsi, dans The Killing Joke (1988), d'A. Moore et Brian Bolland, le Joker apparaît comme le reflet du super-héros. Une idée reprise dans le film Incassable - Unbreakable, 2000 - de M. Night Shyamalan et dans la mini-série Sentry (2000) chez Marvel.

- Les super-héros génèrent des variations (ex. la Marvel family) et des séries dérivées (ou spin-off), succès commercial aidant. Ils finissent par croiser d'autre super-héros (on parle de crossover) et évoluent dans un univers partagé (comme les héros homériques, les personnages de Balzac ou de Jules Verne, etc.) . Ils forment alors des alliances de héros (Justice Society, Justice League, Avengers...)

NB, dès 1940, un crossover oppose the Submariner à the Human Torch dans Marvel Mystery Comics chez Timely (future Marvel.)
NB2, en 1976, Marvel et DC Comics réalisent un retentissant crossover inter compagnie, Superman contre Spider-Man.

4- Le genre super-héroïque naît et grandit sur un support spécifique : le comic book.

- Le comic book apparaît dans les années 30. Il représente un divertissement bon marché dans une société en crise. Il se développe et supplante le pulp auquel il emprunte son support et sa spécialisation thématique. Dans un premier temps, le comic book recycle les strips des journaux avant de proposer des contenus spécifiques réalisés à la chaine dans des studios. Les auteurs copient alors les formules des strips.

- Lorsque Superman paraît dans les pages d'Action Comic n°1, après avoir été refusé par les agences de presse, il propose un thème original qui révolutionne le comic book au point de créer un genre nouveau auquel sera assimilé son support. La popularité du super-héros culmine pendant les années de guerre où il devient un vecteur de propagande. Il connaît ensuite une éclipse avant d'être remis au goût du jour à la fin des années 50, conséquence inattendue de la création d'une commission d'autocensure des éditeurs, le Comic Code Authority (1954). Depuis, il est redevenu le genre dominant même s'il a, entretemps, été décliné sur d'autres supports (strips, émissions de radio, serials, dessins animés, séries télévisées, films, jeux vidéos, publicité...)

- Les super-héros est une création collective : Superman a été imaginé par Jerry Siegel et dessiné par Joe Shuster mais il a été défini progressivement (pouvoirs, logo, background...) par différents auteurs (scénaristes, dessinateurs...), il en est de même pour Batman (officiellement créé par Bob Kane, secondé par Bill Finger et Jerry Robinson...), Wonder Woman (derrière le nom du créateur Charles Moulton, il y a le psychologue William Moulton Marston et le staff de DC comics...) et de la plupart des super-héros... Par ailleurs, le comic book est une création collective car le travail est morcelé entre différents intervenants : scénariste, dessinateur, encreur, coloriste, lettreur... supervisés par un editor. Il peut être produit à la demande par un studio (cf. l'autobiographie dessinée de Will Eisner, The Dreamer.)

- La nature du support et son format influencent le récit. En effet, le comic book impose un rythme mensuel aux aventures du super-héros avec un renouvellement permanent des adversaires et une répétition des péripéties. Les aventures du super-héros sont inscrites dans le quotidien du lecteur. Ce n'est pas un personnage mythologique comme Hercule dont l'histoire est figée depuis la naissance jusqu'à la mort.

- Le super-héros vit donc dans un présent perpétuel, réactualisé en permanence. Il ne vieillit pas et n'évolue pas – il ne peut se marier, ni avoir d'enfant car grandir, c'est mourir - à l'instar de Tintin qui parcourt le siècle en restant éternellement jeune et sans abandonner ses pantalons de golf. (cf. Umberto Eco, De Superman au surhomme.) Pour ne pas lasser le lecteur, les auteurs créent une « continuité » artificielle en faisant revenir les ennemis du super-héros lorsqu'ils rencontrent l'engouement du public (par exemple, le Joker) ou en étoffant son univers avec des personnages secondaires (éventuellement sacrifiables). Le super-héros est cependant condamné à vivre dans un statu quo permanent : tout changement ou altération peut être corrigé voire annulé par une redéfinition ou « reboot » qui remettra le personnage au goût du jour. Si une innovation est conservée, elle intègre alors le « canon » et devient partie intégrante du récit.

NB. Alan Moore a inscrit Superman dans une temporalité en imaginant sa dernière aventure juste avant le reboot de John Byrne en 1986.

5- Le super-héros peut s'émanciper de la « continuité ».

- Afin de rompre avec une « continuité » pesante, les auteurs créent des récits « alternatifs », présentés comme « imaginaires » (!) Ainsi, dans les années 60, chez DC Comics, les Elseworlds sont des récits déconnectés de la continuité qui permettent d'imaginer ce qui se passerait si Superman se mariait ou s'il avait des enfants. Dans les années 70, la série Marvel What if ?... permet d'inventer un développement différent de celui des récits « classiques » à partir de l'altération d'un élément du récit, par exemple, Spider-Man intègre l'équipe des Fantastiques. Des mini-séries (des récits complets développés sur plusieurs mois) imaginent des réalités alternatives dans lesquelles, par exemple, Superman a été recueilli et éduqué en URSS (Superman Red Son, 2003) . Ces histoires n'ont pas d'incidence sur la continuité « officielle. »

- Dans les années 2000, Marvel développe la ligne Ultimate qui reprend ses principaux personnages et réécrit leurs origines dans un contexte contemporain et plus adulte. L'objectif est d'attirer de nouveaux lecteurs en se débarrassant du poids de la continuité. Cette ligne prépare les adaptations au cinéma : Nick Fury devient un officier noir dont les traits sont ceux de Samuel Jackson, l'acteur qui incarnera le personnage à l'écran quelques années plus tard  et la nouvelle version animée de Spider-Man est appelée « Ultimate Spider-Man » car elle ne se réfère plus à la version de l'univers Marvel « classique ».

- Lorsque le récit change de support, il s'émancipe de la continuité du comic book et devient une nouvelle variation indépendante sur le thème. Parfois, le nouveau support influence le comic book : la Kryptonite, talon d'Achille de Superman, et le personnage de Jimmy Olsen sont des créations du show radiophonique intégrées ensuite à la bande dessinée ; le mariage de Superman avec la journaliste Lois Lane a été programmé dans la série télévisée Lois et Clark (4e saison, 1996-97) et c'est pour cette raison que, ne pouvant utiliser librement dans l'immédiat le personnage, les scénaristes ont choisi de le tuer (temporairement) en 1992.

6- Le super-héros peut-il transformer le monde ?

Les super-héros détruisent des quartiers entiers de New-York lors de combat épiques, ils voyagent dans l'espace et rencontrent des civilisations extra-terrestres avant-même que le premier alunissage se soit produit... Pourtant, cela ne semble pas provoquer de bouleversements sociaux ou économiques.

La société continue à ressembler à celle dans laquelle vit le lecteur comme si les héros et les simples mortels cohabitaient dans des mondes cloisonnés. En dépit de ses pouvoirs, le super-héros ne peut donc modifier ni le monde, ni la société (il tend même à la conserver en l'état.) Ainsi, si Superman capture Hitler et Staline dans la fiction, il ne peut arrêter la 2e Guerre mondiale qui se poursuit dans la réalité... Par contre, il participe à l'effort de guerre par le biais de la propagande et soutient le moral des GIs au front, l'armée américaine devenant le premier acheteur de comics. (Voir l'essai La propagande dans la BD de Fredrik Stömberg chez Eyrolles, 2010).

En 1986, deux mini-séries redéfinissent radicalement le rapport des super-héros à leur environnement : Dark Knight returns et Watchmen.

- Dark Knight returns de Frank Miller est (était) présentée comme l'ultime aventure de Batman. Le super-héros vieillissant reprend du service dans une Amérique du futur toujours gouvernée par R. Reagan et où lui et ses pareils sont interdits de séjour. Sa réapparition provoque un emballement médiatique qui bouleverse la cité de Gotham au point que le président mandate Superman pour l'arrêter. Batman, loin d'être un remède au chaos ambiant, devient lui-même générateur de désordre et ses exploits, commentés et déformés par les médias, influencent la vie et le comportement des Gothamites.

- Les Watchmen (d'Alan Moore et Dave Gibbons) sont des super-héros dont les exploits s'inscrivent dans une durée et un univers particulier : l'apparition dans les années 50 d'un individu doté de réels super-pouvoirs (le Dr Manhattan) modifie le cours de l'histoire (victoire américaine au Vietnam, réélection de Nixon, invasion américaine de l'Afghanistan...) et transforme la société économiquement et culturellement. Watchmen est à la fois un récit de super-héros et une histoire de science-fiction (une uchronie).

Ces deux récits, au ton plus « adulte » (avec des scènes de violence et de sexe explicites) inaugurent la période baptisée Modern Ages (ou Dark Ages, pour certains) durant laquelle les super-héros adoptent un comportement ambigu. Le ton des récits devient sombre et cynique et l'action plus brutale. (Courant « Grim and gritty », « sombre et torturé ».)

NB. Au début des années 80, Alan Moore a ressuscité Marvel Man (rebaptisé Miracle Man), un sous Captain Marvel anglais, dans les pages du magazine Warrior pour en faire un personnage « réaliste ». Il imagine déjà les répercussions qu'auraient sur notre monde les actions d'un « vrai » super-héros.

NB2 Une autre mini-série des années 80, Squadron Supreme chez Marvel (scénario de Mark Gruenwald), montre les super-héros d'une dimension parallèle qui décident d'utiliser leurs pouvoirs pour fonder une société utopique en « reprogrammant » les délinquants. Le projet vire alors au cauchemar.

NB3. En réponse à ce qu'il juge comme une dérive (à laquelle il aurait lui-même contribué), Alan Moore crée à la fin des années 90 la ligne ABC (America's Best Comics) qui présente les Science-heroes, des personnages positifs qui puisent leurs racines dans le roman pulp (Tom Strong), la littérature (Promethea) ou les séries télévisées (Top Ten)... Et dans la philosophie des Lumières. (Voir les origines de Tom Strong.)

7- Les super-héros à l'épreuve de la réalité.

Les attentats du 11 septembre 2001, par leur caractère spectaculaire et médiatique, ont frappé de stupeur l'opinion mondiale, semblant abolir la frontière entre la réalité et la fiction hollywoodienne. Les éditeurs de comic books ont été prompts à réagir en publiant des numéraux spéciaux afin de récolter des fonds au profit des victimes des attentats (A moment of silence, chez Marvel, Heroes, ouvrage collectif chez les autres éditeurs...)

La principale ironie étant qu'à vouloir rapprocher l'univers fantastique des super-héros de la réalité à travers des séries comme Stormwatch, The Authority (Image Comics), Alias (Marvel), la ligne Ultimates (Marvel) etc., c'est la réalité qui a rattrapé le monde des comics : il n'y avait pas de super-héros pour intercepter les terroristes. Amazing Spider-Man 36 (novembre 2001) montre les super-héros Marvel déblayer les débris du WTC au côté des secouristes. En 2004, le scénariste Brian K. Vaughan imagine dans Ex Machina les aventures d'un ancien super-héros devenu maire de New-York : il a raccroché après son cuisant échec du 11 septembre 2001... Ce jour-là, il n'a pu intercepter qu'un seul des avions-suicides et n'a pu sauver qu'une tour du WTC.

Les comics vont porter la marque de l'après 11 septembre :
- Dans l'univers DC, où le malfaisant Lex Luthor devient président des États-Unis en lieu et place de G. Bush R, en 2000, la mini-série Identity Crisis (2004-05) révèle que les super-héros outrepassent leurs droits en reprogrammant l'esprit des super-vilains.
- La série Ultimates (Marvel), scénarisée par Mark Millar, qui montre New-York sous le coup d'une attaque terroriste de grande ampleur, fait fonction de catharsis.
- Dans les pages de Captain America, le scénariste Ed Brubaker critique la détention des suspects à Guantanamo.
- Chez Marvel, les super-héros sont divisés lors de la Civil War (2006-07) qui leur impose de s'enregistrer auprès des autorités, une critique à peine voilée des lois d'exception adoptées par l'administration Bush.
- Différents auteurs prendront position en faveur de l'élection d'Obama en 2008 (Alex Ross, Erik Larsen) et Spider-Man le rencontrera à la Maison Blanche.

NB. Dès les années 70, les super-héros réagissent aux événements du monde réel, évoquant la contestation sur les Campus (Spider-Man, Captain America), le racisme (Green Lantern & Green Harrow) , la drogue (Spider-Man, Green Lantern), le Watergate (Captain America)...

8- Le super-héros n'est plus un genre spécifiquement américain.

Il connaît des adaptations en Grande-Bretagne dès les années 50 (Marvel-Man, Doctor Who, Captain Britain...), en Italie (L'As de Pique, L'Ombre par Hugo Pratt et les vilains des fumetti neri, Diabolik, Kriminal...), en Belgique (Jérôme), au Japon (Astroboy, Ultraman, Gatchaman, Cyborg 009, les Sentaï, les Space Sherifs...), à Hong-Kong (Super Inframan)...

Et en France, surtout à travers des parodies comme Super-Dupont et Super-Matou mais aussi avec des personnages comme Fantax (censuré), Satanas, et des pastiches comme Superboy, Mikros, Photonik ou les Strangers du Sémicverse (du nom de l'éditeur Sémic). Longtemps cible d'une censure aussi tatillonne qu'imbécile, les super-héros semblent s'installer dans le paysage franco-belge avec des productions comme La Brigade chimérique (de Serge Lehman et Fabrice Colin), Masqué, Les Sentinelles, Miss Deplane de Stéphane Louis, le vilain Thanatos ...

Par ailleurs, ils suscitent grâce aux adaptations récentes à l'écran, l'engouement croissant de fans à travers le monde qui organisent des conventions au cours desquelles se déroulent des concours de costumes ou cosplay.

9- Le super-héros reste porteur de valeurs universelles et humanistes.

Car, avant-tout, le super-héros défend les valeurs de la démocratie libérale issue des Lumières (avant d'être le porte-drapeau du système capitaliste ou d'une nation impérialiste) et, même si les auteurs contemporains introduisent une certaines dose de cynisme dans les récits super-héroïques, ils restent des individus fondamentalement altruistes dévoués au service de leur concitoyen. La série The Twelve (scénario de J.M. Straczinski, 2008) pose d'ailleurs la question de la place de héros idéalistes dans une société en perte de repères.

Aux États-Unis, mais aussi au Mexique (Super-Barrio) ou en Angleterre, on voit apparaître des super-héros dans la vraie vie : des citoyens ordinaires qui se costument en super-héros pour accomplir des missions d'intérêt public (secourir les SDF, assurer une présence dissuasive dans la rue etc.) Le groupe Anonymous a repris comme signe de ralliement la figure de Guy Fawkes, rendue mondialement célèbre par le film inspiré du comic book d'Alan Moore, V For Vendetta. Considérée comme puérile par les uns (comme par Mark Millar dans son comic Kick-Ass), cette manifestation est vue par d'autres comme un engagement positif et civique.

samedi 1 septembre 2012

Humeur

Je ne sais pas ce que c'est, et c'est peut-être une très bonne BD... Simplement, la couverture ne m'incite pas à ouvrir le bouquin. 

 C'est une BD de super-héros... française.
 En ce moment, ça tombe pire qu'à Gravelotte.
 Les éditeurs français se sont rendus compte que le super-héros avait le vent en poupe et sont enclins à accepter les projets qu'ils refusaient avant en se pinçant le nez.
 Bon.
 Sauf que ce n'est pas évident de faire du super-héros "sérieux".
 Parce que c'est bête.
 Et que nous sommes la nation la plus subtile du monde.
 (C'est pour ça qu'on a élu Sarkozy...)
 Alors - mais je ne dis pas que c'est la démarche de Bouzard - je redoute de voir se pointer des produits putassiers du genre, c'est du super-héros mais AU SECOND DEGRE, on y touche du bout des doigts pour ne pas se salir, mais on en fait parce que ça marche... En clair : je veux le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière en prime.
 Bon, je n'ai rien contre cet album, je ne l'ai pas ouvert (alors que Tokyo, de Sfar, je l'ai ouvert et je me suis dépêché de le fermer pour ne pas saigner des yeux), donc cet album est peut-être très bon... Simplement, voilà, je n'ai pas de temps ni de fric à consacrer à des bouquins dont le dessin me gerbe de prime abord.
 Et les super-héros, je connais, j'aime, alors ne venez pas chier dans mon jardin.