samedi 28 décembre 2013

Flander's Company, Reboot.

Je viens de réaliser que le lien que j'avais posté pour lire le petit article sur la série Flander's Company ainsi que l'interview que j'avais réalisée en août 2011 de Ruddy Pomarède est mort. Aussi, je reposte le tout sur le présent blog. L'ultime saison n'est pas entièrement chroniquée car elle était en cours de diffusion.



Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les super-héros triomphent toujours des super-vilains ? Ni pourquoi ces derniers ne sont jamais à cours d’acolytes ? Les réponses vous sont données dans Flander's Company, l'une des webséries les plus inventives du moment. (Diffusée sur la chaine Nolife.)

Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?

La série, réalisée par Les Guardians, est une création de Ruddy Pomarède, déjà connu pour Damned. On évolue au sein d'un univers partagé : les super-héros de comic books côtoient les personnages de jeux vidéo, de séries télévisées, de films et de romans. Les combats entre justiciers et vilains sont arrangés pour éviter une suite de confrontations qui mènerait à la destruction du monde... D'où l'utilité de la Flander's, une agence spécialisée dans le recrutement et la formation des super-vilains.

La première saison présente donc une série d'entretiens d'embauche menés par Hippolyte Kurtzmann (Frédéric Hosteing, excellent !), DRH de la Flander's et « filtre à boulets », au cours desquels les candidats les plus farfelus défilent pour tenter de se faire engager. Les épisodes sont donc un peu répétitifs même s'ils sont très drôles.

Progressivement, les autres personnages s'installent dans la série : Armand Trueman (Simon Brochard), le PDG de la Flander's, un poseur charismatique et tyrannique ; Caleb (Ruddy Pomarède), le responsable de la section R&D accro à la caféine avec qui on se familiarise grâce à de courtes séquences pré-génériques ; Cindy Trueman (Clémence Perrot), la nièce d'Armand, au caractère aussi trempé que sa hache, qui s'occupe de former les aspirants sbires au service des super-vilains... enfin, ceux qui survivent... et le Docteur Parker (Vincent Ladeuille), le psychologue de l'entreprise. La première saison s'achève sur un cliffhanger qui annonce une menace pesant sur la Flander's Company.

Les petits rats de l'OPA.

La seconde saison est marquée par la prise de contrôle de la Flander's par la CC (prononcer « cici »), la multinationale de Chantal Connasse. En effet, cette entreprise spécialisée dans le prêt-à-porter pour super-héros a absorbé la Flander's afin de toucher la clientèle des super-vilains. Armand Trueman est évincé de l'entreprise et les nouveaux membres de la direction, l'énerg(ét)ique Carla Brunelle (Maryline Martin), la revêche Nadège Pruneau (Caroline Ségarra, parfaite) et le bellâtre Jocelyn Quimjoy (crispant comme il faut), entreprennent un harcèlement méthodique afin de pousser les anciens employés à démissionner.

L'un des épisodes les plus drôles les voit obligés de participer à un lip dub (un clip où les employés chantent en playback) pour promouvoir l'entreprise, encadrés par les conseillers en communication, Déborah Levinski (Karine Lambin, hilarante) et Maxence (Bastien Gilliet – également co-scénariste), et menés par Hitomi Kurtzmann, la propre demi-sœur d’Hippolyte, pas vraiment ravi de la revoir (Frédéric Hosteing, tout simplement fabuleux dans ce double-rôle qui donnera lieu à une séquence spin-off).

De guerre lasse, Cindy, Caleb et Hippolythe rejoignent leur ancien patron pour l'aider à reconquérir son entreprise. Ils seront aidés par Gladys Trueman (Laurent Charrier), six ans, la petite sœur de Cindy (imaginez un croisement entre Hulk et Conan le Barbare avec des tresses), Georges Trueman (Nicolas Galgani) dont le super-pouvoir est d'être super-sympa, ce qui réduit son potentiel offensif, et Damien...

Car en fouillant dans les archives, nos « héros » ont découvert que, sous son aspect débonnaire, le docteur Parker cache une malédiction : Damien. Un monstrueux psychopathe élaboré par le service R&D de la Flander's et qu'on a programmé pour devenir un agent dormant, qui ne demande qu'à s'éveiller, après le carnage qu'il a fait au sein de la compagnie. La saison se clôt en apothéose avec la reconquête de la Flander's par l'équipe « légitime » où Kurtzmann et Caleb, anciens super-vilains, reprennent du service comme Sadoman et Docteur Kaos (!) ; où Damien après avoir passé un accord avec Armand Trueman, participe au carnage et où Cindy et Gladys taillent dans le gras. Même Armand Trueman, bien qu'il ne possède aucun pouvoir, prend part au combat. On nous offre donc une véritable bataille de super-vilains en live en guise de final.

V comme vendetta.

La saison 3 retrouve donc notre équipe réintégrée au sein de ses locaux (ceux du magazine Animeland dans la réalité) mais en proie à des problèmes de données : il semble que le combat ait provoquer l'effacement d'une partie des dossiers informatique et que la moitié des super-vilains enregistrés manquent à l'appel. Trueman envoie donc ses propres employés sur le terrain en guise d'ennemis intérimaires pour en découdre avec les super-héros, et avec la consigne de perdre ! Consigne qu'ils ont tendance à oublier, au grand dam de Super-Mario ou de Naruto.

Entretemps, l'empire de Chantal Connasse prépare la contre-attaque mais ses projets sont promptement avortés avec l'irruption de quatre fantastiques individus qui détruisent systématiquement tous les sièges de la multinationale. Ignorant que la CC fait face à son destin, les employés de la Flander's poursuivent leurs missions jusqu'à être confrontés à deux membres du quatuor qui les mettent en fuite.

Ils se retrouvent contraints à une alliance contre nature avec les survivants de la CC (Carla, Nadège, Déborah, Maxence et Kevin, un recalé de la Flander's pour cause de fièvre du samedi soir) afin de détruire Aegis, quatre obscurs super-héros « améliorés » par le docteur Shredder, un savant exflitré de la Flander's et par ailleurs, le concepteur du programme Damien. (On retrouve là le thème de la formule du super-soldat cher à Captain America – dont l'avatar est une victime collatérale d'Aegis.) Si une partie des super-vilains a disparu des banques de données, c'est parce qu'ils ont été éliminés par Aegis dont le leader voue une haine farouche à la Flander's, raison pour laquelle il a détruit la CC qui l'avait absorbée.

Après avoir donné lieu à un crossover déterminant avec Le Visiteur du Futur (la websérie de Florent Descraques, également programmé sur Nolife), la saison se termine cette fois encore par un climax haletant. La Flander's met fin aux exactions d'Aegis non sans avoir provoqué une altération de la réalité.

Alternatives.

La saison 4 (en cours) voit les employés de la Flander's reprendre avec insouciance leur activité normale (la séquence d'ouverture parodie les comédies musicales) sauf Caleb, harcelé par son chef. Obligé de prendre soin de ses clients, Armand Trueman se déplace aux États-Unis avec une partie de son équipe pour persuader Red Richards de modifier son contrat afin de permettre au déprimé Docteur Fataloose de conserver un semblant de dignité. Hélas, ce dernier parvient enfin à réaliser un coup d'éclat en abattant Sue Helen, l'épouse de Red, pendant la visite de Trueman.

Red constatant que sa femme l'est aussi (raide), et ne pouvant se résoudre à ce qu'elle soit (enfin) froide, tente de corriger la situation en altérant l'espace-temps. Le combat qui s'ensuit provoque sa mort, celle de Damien, dont l'équipe doit faire le deuil, et la disparition de Caleb et Hippolyte, lesquels sont téléportés à Paris...

Or, ils réalisent vite qu'ils ont échangés leur place avec des doubles d'une dimension parallèle dans laquelle la Flander's promeut l'image de super-héros en suivant les méthodes du marketing, tandis que leurs doubles alternatifs se retrouvent dans leur monde...

Plus de détails sur la série, ici :
Le site officiel de la série, ici :

La série est visible ici et sur le site officiel :

>>Comment est née l'idée de la Flander's Company ?
Le concept dans sa forme actuelle a été trouvé il y a 4 ans quand je cherchais une idée de scénario pour une shortcom dans laquelle intégrer toute mon équipe. Mais l'idée d'une société s'occupant des affaires des "bad guys" je l'avais déjà esquissé grossièrement en 1999 alors que je travaillais sur l'épisode 3 d'une autre série: Damned. Je suis parti de cette idée, l'ai modifiée et ai conservé le nom, pour la référence.

>>Qu'est-ce qui vous a pris de vouloir faire une série basée sur des personnages à super-pouvoirs (des super-vilains qui plus est ?)
Je baigne depuis longtemps dans l'univers fantastique, des supers héros ou encore l'héroic fantasy de par mes lectures, la bande dessinée, les jeux vidéos, les films.... C'est une grande sources d'inspiration, du coup je réalise des choses qui ont un rapport avec ces univers. Avec d'autres groupes réalisant des films amateurs, on avait eut il y a longtemps une grande discussion nocturne sur le fait que dans nos productions, c'étaient toujours les rôles des Bad Guys qui étaient les plus intéressants à jouer. Du coup, l'idée de faire une fiction centrée sur les méchants de l'histoire m'est restée dans un coin de  la tête jusqu'à ce que je l'exploite.
>>Peut-on voir Damned comme un bleu de Flander's Company ?

Je ne pense pas. Mais il est vrai que dans Damned, déjà le héros n'a pas le profil du parfait paladin: il est égocentrique, chaotique, pas du tout altruiste... Je crois que je n'aime pas les héros irréprochables et manichéens
>>D'où vient le nom de Flander's Company (puisque cela n'a pas de rapport avec Ned Flanders ?)

D'une façon très lointaine ça en a une. Mais alors vraiment lointaine ! C'est une private joke qui date de très loin.
>>Le nom de Kurtzman est-il une référence à Harvey Kurtzman de Mad ou à Brazil (dont la BO vous sert de générique) ?

Absolument. C'est une forme d'hommage au film de Terry Gilliam. Dans les 3 premières saisons de la série, la partie "entreprise" a une certaine importance : On plaisante sur ses travers, sur l'absurdité de certaines structures et fonctionnement...
>>Sur quels supports a-t-elle été diffusée ?

Les épisodes sont d'abord diffusés sur la chaine Nolife puis ils sont mit sur notre site gratuitement en streaming. La gratuité du visionnage est un principe. Ensuite, à chaque fin de saison, nous éditons un coffret DVD chez Kaze ; pour tous ceux qui ont appréciés et veulent acquérir les épisodes en bonne qualité. Nous sommes une structure associative bénévole, personne n'est rémunéré et les droits d'auteurs des dvd sont reversés sur un compte qui finance les tournages (matériel, costumes, locations).

>>Au départ, la première saison obéit à un schéma répétitif (Hippolyte Kurtzman – Frédéric Hosteing - reçoit des aspirants super-vilains qu'il éconduit vigoureusement.) Envisagiez-vous déjà de développer la série sous une forme feuilletonnante ou l'idée s'est elle imposée à mesure que vous réalisiez les premiers sketches ?
L'idée est venu en cours de saison une. C'est lorsque la diffusion des épisodes a commencé que je me suis rapidement aperçu des limites du schéma initial des épisodes sous forme de sketchs. Alors j'ai changé la formule vers un scénario plus complexe liant les épisodes entre eux.
>>Flander's Company se distingue de nombreuses webséries par la qualité de l'écriture, de la réalisation et de l'interprétation. Qui écrit en dehors de vous et Bastien Gillet ?

Depuis la saison 2, je suis quasiment seul à l'écriture: Bastien a coécrit la première saison avec moi et quelques épisodes de la saison 2. L'écriture est essentiellement un travail solitaire, mais tous les membres de l'équipe font part de leurs idées en continu.
Les acteurs interviennent-ils dans le scénario ?

Ponctuellement oui, parfois en temps réel lors des tournages. Et quand une idée est bonne je me débrouille pour l'adapter rapidement à la trame.

Leur personnalité influence-t-elle l'écriture des personnages ?


Par respect pour mes acteurs je dirais non (mais en fait oui, un peu quand
même. )


Votre écriture se démarque radicalement de celle des séries françaises ; dès la fin de la première saison, vous mettez en place un cliffhanger qui annonce l'OPA sur la Flander's ; la 2e saison se termine avec un climax et une fin ouverte ; la 3e saison fait intervenir un crossover avec le Visiteur du Futur, déterminant pour la conclusion ; la 4e saison aborde les univers parallèles...
Quelles sont vos influences en dehors des comics et animés (puisque vous tournez dans les locaux d'Animeland)  ?
Les séries télévisées ?


Bien sur! Je suis un grand consommateur. J'ai beaucoup appris en regardant les épisodes de Buffy. Et j'ai suivi de nombreux shows ces dernières années : Battlestar Galactica, 24, HYMYM, Fringe, Doctor Who, Misfits, Skins, True Blood....
Les romans de science-fiction ?

Essentiellement Terry Pratchett, Lois McMaster Bujold, Robin Hobb et George
RR Martin.
Les jeux de rôles ?

Je me souviens de partie d'ADD et d'INS particulièrement rigolotes.
Les jeux vidéo ?

Beaucoup de RPG: Xenogears, Chrono Trigger, les final fantasy, les mass
effects etc
Comment s'est monté le crossover entre Flander's Company et le Visiteur du
Futur ?


Avec une envie commune de travailler ensemble François et moi et de le faire de façon justifiée : pas question de faire un crossover juste pour faire un crossover. On s'est retrouvé chez moi, on a écrit ensemble le scénario et les dialogues et on a retravaillé le scénario chacun de notre côté. Lors du tournage, on s'est passé le contrôle de la caméra à tour de rôle, ce qui était vraiment très rigolo
A propos des comics, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

Absolute Kingdom, the Dark Knigth, Watchmen... Des scénarios un peu plus
torturés que de moyenne en somme
Vous occupez vous-même les fonctions de scénariste, réalisateur, acteur et monteur.
Comment se déroulent les tournages ?


Dans une ambiance studieuse : on a peu de temps et beaucoup de choses à
faire. Tout le monde tâche d'être bien concentré, mais les fous rires sont
(heureusement) souvent inévitables. C'est une équipe qui fonctionne bien !
Qui s'occupe des effets spéciaux ?

Moi même, avec un coup de main de Kwet pour certains effets en 3D
Qui a réalisé les bandes dessinées et les séquences animées qui constituent le flash-back dans la saison 4 ?

Frédéric Hosteing les a dessinées, et je me suis occupé de la réalisation sous after.
Quel a été l'accueil du public ?

Il y a des gens qui s'amusent beaucoup de ce qu'on fait et d'autres que l'on insupporte. Mais à chaque convention, on a un accueil super impressionnant et chaleureux de la communauté qui suit nos aventures.
Vos fans se situent dans quelles tranches d'âges ?

Si on doit en croire la page facebook de la série, essentiellement entre 15 et 25 ans. Mais on rencontre aussi des tout petits bouts de choux qui - je l'espère - ne perçoivent que le côté toonesque des épisodes et des grands mères qui ont su conserver un esprit très jeune^^
Vous avez déclaré que la saison 4 serait probablement la dernière car vous êtes à court d'idées, mais vous n'écartez pas la possibilité d'une poursuite de la série en bande dessinée.
Est-ce le manque d'inspiration ou une lassitude qui pourrait naître de la difficulté d'entreprendre une série aussi ambitieuse et originale avec peu de moyens ?


On réalise chaque saison comme si c'était la dernière - ce qui donne des épisodes de clôture de saison  qui peuvent servir de fin de série. Ensuite, on se retrouve tous et on réfléchit à la suite: y a-t-il un thème qui nous tente d'explorer ? Qui nous permettrait de faire mieux, plus intéressant ? Actuellement j'ai bien des pistes, mais rien qui ne me paraisse plus intéressant que le thème que nous exploitons cette année. Donc pour le moment, une saison 5 n'est pas garantie.
N'y aurait-il pas moyen d'envisager une saison 5 ? (Après tout, vous n'avez pas abordé le thème des extra-terrestres, consubstantiel au genre super-héros, et le thème des univers parallèles permet de nouveaux développements.)

En effet, il reste de nombreuses pistes, on se penchera dessus après avoir
fini la saison 4
Avez-vous du nouveau concernant une adaptation en bande dessinée ?
S'agirait-il d'une adaptation de la série ? D'une préquelle ? D'une séquelle ? No comment ?


Contrat en cours de signatures: ça sera une série d'histoires inédites, dans lesquelles le néophyte et l'habitué devraient trouver de quoi se sustenter.
Sinon, vous envisagez un après Flander's ?

J'espère bien ! On doit, entre autres, apporter une conclusion à Damned
Frederic Hosteing (également directeur de programme sur Nolife) et vous-même travaillez dans l'enseignement.
Est-ce que vos activités artistiques sont faciles à concilier avec vos activité professionnelles ?


Sans aucun problème. Même si certains élèves semblent surpris qu'on puisse avoir une vie en dehors de notre enseignement
Les acteurs de la série sont-ils des professionnels ?

Nicolas Galgani est acteur professionnels. Fred a fait plusieurs années de théâtre. Les autres nous sommes amateurs
D'où vous vient cette passion pour la musique allemande ? (Vous n'êtes pas obligé de répondre à cette dernière question.)

Joker^^


vendredi 27 décembre 2013

Poilus de Noël

Dessins réalisés d'après modèles pour une exposition sur la Première Guerre mondiale.
La tenue de 1914, inadaptée pour le camouflage (sauf si on pense se faire passer pour un coquelicot.)

Dessin en noir et blanc.

Mise en couleurs.
Avec le pantalon garance
(pratique pour rejoindre les enfants au paradis.)


La tenue de 1916.

Poilu en tenue bleu horizon avec le casque Adrian.

Mon fils trouve que mes poilus ont des têtes de déterrés.
Pour le second, c'est normal, quand on se bat dans une tranchée...

Je ne m'imagine pas représenter les combattants de cette guerre souriants.
(A part les généraux, peut-être, parce qu'ils étaient planqués à l'Arrière.
A l'époque, on disait "embusqués.")

samedi 21 décembre 2013

Du Sang sur la Une.

Revu Le Prix du Danger.
Un film réalisé en 1983 par
Yves Boisset d'après la nouvelle éponyme de Robert Shekley, antérieure de 20 ans.

Le thème : exploitant une loi légalisant le suicide, une chaîne de télévision propose un jeu de chasse à l'homme pour gagner de l'audience.

Le film suit François Jacquemard, un chômeur joué par Gérard Lanvin, qui devient candidat à ce jeu mortel. François devient très populaire après avoir remporté la première épreuve éliminatoire. Il est pris en chasse par cinq tueurs, dont une femme. Il réalise que certaines personnes qui l'aident dans sa fuite sont en fait des auxiliaires de la chaîne : il doit "durer" suffisamment pour maintenir les records d'audience de l'émission, mais on le laissera mourir avant qu'il puisse atteindre son but. Il décide donc de jouer le jeu selon ses propres règles, quitte à tuer ses poursuivants, et de dénoncer le trucage sur le plateau de l'émission.

Il est très rare que le cinéma français ose se frotter au genre science-fictionnel. Tout essai n'en est que plus précieux même s'il comporte des défauts.

Bien évidemment, peu de "suspension d'incrédulité" ou de "sens du merveilleux" dans le traitement du thème, les Français préférant s'enraciner dans un contexte réaliste. Le film est tourné à la fois en France et en Bulgarie, en décors "naturels", lesquels ont fait l'objet d'une recherche : immeubles modernes, escalators, ascenseurs extérieurs, galeries de métro... On est dans un avenir proche où les villes ressemblent à nos villes nouvelles. Ces décors qui pouvaient paraître futuristes à l'époque nous semblent aujourd'hui banals, quotidiens...

C'est d'ailleurs ce qui rend le visionnage du film troublant : les moyens techniques ressemblent à ceux d'aujourd'hui : caméras embarquées sur des hélicoptères ou des motos pour suivre la traque, régie finale installée dans un dirigeable, plateaux de télévision contemporain... La télévision décrite dans le film ressemble à celle d'aujourd'hui, le même voyeurisme, l'impudeur des présentateurs, le placement de produit et la publicité vulgaire omniprésente, le déclin des valeurs morales... Si on ne montre pas des mises à mort en direct, on a quand même accepté un jeu comme Le Maillon Faible (dont la formule est raillée dans la saison 1 de Docteur Who) où l'enjeu consiste à trahir ses partenaires pour empocher le magot... Quelle valeur morale prétend-on véhiculer avec un immondice pareil ? Et ne parlons pas de la téléréalité... En fait, on n'imagine sans trop de difficulté un cynique comme le PDG incarné par Bruno Crémer, barreau de chaise en bouche, ou une arriviste comme Marie-France Pisier (jouant une Laurence Ballard !) dans le staff d'une de nos chaines putassières. Mention spéciale au cabotinage de Michel Piccoli qui parvient à devenir aussi horripilant que les présentateurs actuels !

Alors, il est vrai que nous avons des scènes parfois lourdement surjouées avec des personnages unidimensionnels dans le style d'Yves Boisset (Lanvin en beau gosse insoumis à la mine boudeuse, Crémer en pourri, Piccoli en ordure, des beaufs bien beaufs comme dans Dupont-Lajoie etc.) et des images particulièrement violentes : le premier candidat est estourbi à coup de chaines et de rames dans le prologue du film et son corps est exhibé par ses assassins comme une pêche miraculeuse, le facho Jean-Claude Dreyfus s'empale sur des tiges métalliques de béton armé au terme d'une chute mortelle (un effet saisissant et partiellement raté), un poursuivant est abattu d'une balle dans le cou... (ce qui interroge sur la frontière entre dénonciation et voyeurisme) Sans parler de détails anachroniques : l'idéaliste Andrea Ferréol arbore le badge du syndicat Solidarité (l'état de siège a été décrété en Pologne deux ans avant le tournage.) Le film est certes daté mais il conserve un impact très fort car nous avons le sentiment de nous être rapprochés de cette société dénoncée (et nous vivons cette violence au quotidien et par procuration par le biais d'images vomies par nos écrans plats à l'heure des "informations" ou sur le net.)

Plus dérangeant en tout cas que le Running Man de Paul-Michael Glaser (Starsky) tourné quatre ans plus tard avec Arnold Schwarzenegger, d'après un roman de Stephen King (publié sous le pseudonyme de Richard Bachman) qui exploite le même thème.



(Source image :  http://www.cinemaniac.fr)

dimanche 15 décembre 2013

Le Retour des Dinosaures du Cinéma de quartier.

Le Continent oublié (The People that Time forgot, 1977) est la suite du 6e Continent, toujours de Kevin Connor avec une apparition de Doug McClure en guest star, et la belle Sarah Douglas (Ursa dans Superman II) en suffragette reporter.

La bouteille à la mer lancée par Tyler, héros du précédent opus, convainc la marine britannique, et un grand journal qui finance l'opération, de l'existence de Caprona. On envoie donc une jolie maquette de steamer dans les glaces de l'antarctique pour le récupérer, équipée d'un hydravion.

Une expédition de quatre personnes (trois hommes et une femme) s'envole donc au-dessus de la muraille de glace mais l'attaque d'un ptérodactyle la contraint à se poser en catastrophe. L'expédition se poursuit à pied, Ben McBride (Patrick Wayne) devant supporter la présence de la photographe Charlotte "Charly" Cunningham, imposée par son père, directeur du journal.

Les explorateurs rencontrent une jolie sauvageonne, farouche et attirante comme il se doit à qui Tyler a appris l'anglais (y a pas la télé à Caprona, on s'occupe comme on peut), des marionnettes de dinosaures pas trop mal articulés, des hommes-singes hostiles et une tribu plus évoluée, les Nagals, dans d'esthétiques armures japonaises, à qui Tyler, décidément très pédagogue, a appris aussi l'anglais... Mais pas les bonnes manières : pour tromper l'ennui, les Nagals marient leurs prisonnières à un volcan divin puis les jettent dans le cratère pour consumer le mariage.

Les aventuriers retrouvent Tyler, prisonnier des Nagals, s'évadent, jettent l'adipeux souverain de la sanguinaire tribu dans le volcan, où le rejoint son bouffon débile, puis fuient à toute jambe tandis que Caprona se fâche (car l'île semble douée de conscience) et que de jolis effets pyrotechniques les accompagnent. Tyler, voulant retenir les Nagals, se prend une flèche dans le bide et meurt non sans évoquer avec son sauveur, McBride, des souvenirs d'enfance communs - c'était quand même mieux quand on jouait et que c'était pour de faux. L'hydravion décolle miraculeusement depuis le sol (puisqu'on vous dit que c'est un miracle) et les survivants regagnent le navire sans avoir rapporté une preuve matérielle de leur aventure, hormis la sauvageonne, ce qui est ballot. McBride épousera Charly après le générique de fin.

Très agréable série B, complètement surannée, certes, mais servie par des effets spéciaux convenable et des images très esthétiques. On retrouve des personnages archétypaux qui font avancer l'histoire : le héros et l'insupportable héroïne, un savant, pépère bedonnant un peu distrait, qui force la sympathie  (Thorley Walters), un pilote vétéran (Shane Rimmer), un Doug McClure qui assure la liaison entre les deux films (ni le nom de Caprona ni celui de Caspak ne sont prononcés) et une sauvageonne débrouillarde (Dana Gillepsie). Le déroulement du récit est complètement linéaire et sans grande surprise, le film remplissant son cahier des charges, distraire et dépayser. A noter, la présence d'un certain David Prowse dans le rôle de l'exécuteur des Nagals qui, cette même année, jouera son plus grand rôle dans une production de George Lucas, tournée elle aussi dans les studios britanniques, et où il retrouvera Richard Le Parmentier qui joue dans le même film.

© Amicus/AIP

jeudi 5 décembre 2013

De Lémuri au Lémurien

Petit travail de commande pour une amie écrivain(e) de science-fiction et fantastique : Dominique Lémuri.
Son blog est là :  http://dominiquelemuri.blogspot.fr/
Viendez-y, comme dirait Georges Marchais.